Un langage pour réécrire le vivant ? Le MIT l’a fait !

langage réécriture ADN MIT

La génétique a fait d'énormes progrès ces dernières années. Les experts sont actuellement capables de réécrire le code génétique d'un organisme vivant, mais cela passe par des manipulations extrêmement complexes. Le prestigieux Massachusetts Institute of Technology travaille sur un langage de programmation pour réécrire le vivant, rien que ça !

Imaginez un peu : écrivez quelques lignes de code, compilez le code et vous obtenez un code directement reconnu par un organisme vivant. Il n’y a plus qu’à l’injecter et le tour est joué ! Il aura fallu 15 années de travail pour que l’équipe du Professeur Christopher Voigt, biologiste et généticien au MIT, parvienne à mettre au point de langage très particulier, Cello.

C’est à partir du Verilog HDL – un langage utilisé pour programmer des circuits logiques en électronique – que celui-ci a été bâti. Dans un simple éditeur de texte, les chercheurs peuvent ainsi écrire leur programme. De quoi concevoir des composants génétiques – capteurs, commutateurs de mémoire, horloges biologiques, etc (autant d’éléments qui sont aujourd’hui réalisables, au prix d’un long travail et d’une expertise très poussée) – en un tour de main.

Et si l’on parle aisément de composants génétiques, c’est parce que la comparaison avec l’électronique est évidente. Comme l’explique Christopher Voigt, « chaque étape du processus est la même – sauf qu’au lieu de cartographier un circuit sur du silicium on le fait sur de l’ADN« .

Cello est donc capable de convertir des lignes de code écrites avec Verilog en un schéma de câblage de l’ADN. Et les résultats sont là : le MIT se targue déjà d’avoir réussi à concevoir le plus grand circuit biologique jamais construit, pas moins de sept portes logiques et des brins d’ADN composés de 12 000 unités longues.

Mieux – ou pire – encore, selon le chercheur, les utilisateurs de ce langage, n’ont nul besoin de connaissances particulières en génie génétique : « Vous pourriez être complètement béotien quant à la façon dont tout cela fonctionne. […] Vous pourriez être un étudiant à l’école secondaire et aller sur le serveur Web ; vous tapez sur le programme que vous voulez, et il crache une séquence d’ADN. » Difficile de faire plus simple, en effet.

Pour Christina Agapakis de Ginkgo BioWorks, « comme le processus d’ingénierie des organismes devient plus facile, moins coûteux et plus fiables, plus de possibilités pour de nouvelles applications vont s’offrir dans différentes industries. » Drew Endy – spécialiste de biologie de synthèse à l’Université de Stanford – est, lui, convaincu que « les programmeurs de la biologie deviendront plus banaux que les programmeurs des ordinateurs« .

Et à partir de là, tous les délires – ou presque – sont permis. Modification du vivant, du processus de l’évolution en lui-même, tout devient contrôlable. Impressionnant, et effrayant aussi !

Tags :Via :Up Magazine
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  1. J’voudrais pas faire mon décroissant de base, mais c’est pas le scénario de Matrix? Où des machines clonent et font pousser des champs d’êtres humains pour s’en servir de piles Duracell?

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