Soignera-t-on bientôt nos plus grandes peurs avec un simple cachet ?

mygale

Le cerveau reste encore une machinerie très largement incomprise. À ce titre, les maladies cérébrales, et autres désagréments mentaux, ont encore de nombreux secrets à livrer. Les phobies, par exemple, sont une pure invention de l'esprit. Leur traitement est lent, délicat et souvent douloureux. Et s'il était possible de s'en débarrasser avec une simple pilule ?

Dans une étude de Décembre 2015, des chercheurs de l’Université d’Amsterdam ont étudié 45 femmes ayant peur des araignées. Les scientifiques leur avaient demandé d’ouvrir un bocal contenant un bébé mygale, de toucher l’araignée et de la laisser évoluer sur leur main. Ceci pour évaluer ensuite leur niveau de peur.

Ensuite, certaines femmes avalèrent une pilule contenant du propranolol – un bêtabloquant -, les autres un placebo. Sans connaître le contenu précis, évidemment. Quatre jours plus tard, retour au laboratoire. À certaines, les chercheurs ont demandé de toucher la mygale et d’évaluer leur peur.

Toutes les femmes qui avaient pris la pilule contenant du propranolol ont réussi à toucher la mygale et ont déclaré avoir eu moins peur. Aucune des femmes qui avaient pris le placebo, par contre, n’a pu toucher la mygale, comme on leur avait demandé. Quant aux femmes qui avaient pris le propranolol et qui n’avaient pas reçu la consigne de toucher la mygale déclaraient avoir toujours aussi peur.

Plus effrayant intéressant encore, un an plus, les effets persistent encore. Ceci est dû au fait que les propranolol bloque un composé chimique dans le cerveau qui facilite l’apprentissage. Cette pilule aura donc cassé la « consolidation de la mémoire », la manière dont un souvenir est stocké après avoir été récupéré.

Cette découverte a un intérêt très particulier dans le traitement de la peur et de l’anxiété. En effet, avec une thérapie cognitivo-comportementale, traditionnellement mise en place pour ce genre de traitement, on change d’abord les pensées du patient, ce qui induit un changement comportemental. Avec le propranolol, le comportement change en premier, puis la pensée. Pour Merel Kindt, co-auteur de l’étude, « c’est comme si leur mémoire autobiographique doit encore s’adapter au fait que la réponse de peur physique a disparu.« 

Le propranolol sera-t-il un jour commercialisé dans des médicaments grand public ? Qui sait… Les phobies n’ont qu’à bien se tenir !

Tags :Via :Business Insider
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  1. Le propanolol (avlocardyl) est prescrit depuis des années…. Y compris dans les manifestations physiques de l’anxiété…… Faut embaucher un toubib dans l’équipe les mecs

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