Monsanto s’empare du plus puissant outil de modification génétique

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Les anti Monsanto ne vont certainement pas se réjouir de la nouvelle. La firme vient de mettre la main sur le CRISPR/Cas9 Gene-Editing System. Derrière ce nom scientifico-barbare, se cache en fait un outil développé par le MIT et l’Université Harvard lors de travaux associés sur la génétique.

Même si Monsanto possède déjà beaucoup d’outils similaires et s’adonne déjà depuis longtemps à la manipulation génétique, CRISPR est perçu par la communauté scientifique comme l’outil le plus précis et perfectionné en la matière. « Cet accord nous donne accès à un outil intéressant pour développer nos recherches en matière d’édition du génome », précise Tom Adams, PHD responsable du département biotechnologie de Monsanto, et interviewé par le Genetic Engineering & Biotechnology News.

« La technologie d’édition du génome complète nos recherches actuelles et procure d’incroyables ressources pour approfondir la plus grande bibliothèque de matériel génétique et génomique du monde. »

Peu de détails filtrent de cet accord. Combien Monsanto a dépensé ou s’est engagé à verser aux différents pôles de recherche du MIT et d’Harvard, nous ne le savons pas. Cependant, il faut retenir que l’entreprise ne devient pas propriétaire des brevets du CRISPR et obtient simplement par cet accord un droit d’exploitation.

Ce droit est conditionné à quelques restrictions d’utilisation, qui rassureront (ou pas) les plus insurgés d’entre vous. Par exemple, Monsanto a l’interdiction d’utiliser cet outil pour ajouter des gènes étrangers au génome des animaux ou plantes qu’elle souhaite modifier. En d’autre terme, l’entreprise n’a le droit que de modifier des gènes existants ou les supprimer, mais pas en ajouter. Qui plus est, il lui est interdit de produire des graines stériles à l’aide de cet outil. Il s’agit là d’un point sur lequel Monsanto est très régulièrement pointée du doigt, notamment dans les pays dits « du tiers monde » comme en Inde, où des producteurs de coton se fournissant auprès de Monsanto se disent dépendant de la firme puisque que leurs plants ne produisent pas de graines.

Au-delà de ces aspects écologiques et économiques potentiellement négatifs, le CRISPR pourrait servir à produire des céréales présentant un indice de gluten plus faible, moins sucrés, avec plus de goût, résistants aux maladies, etc.

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  1. Ils pourraient faire ce que vous dites dans le dernier paragraphe et en même temps modifier involontairement un autre gêne qui pourrait rendre la céréale toxique ou simplement l’affaiblir vis à vis d’une autre espèce prédatrice et on se retrouverait avec des agriculteurs nn seulement pieds et poings liés face à eux mais avec en plus l’obligation de traiter massivement avec les conséquences qu’on peut imaginer pour la santé (il me semble que c’est sur le coton OGM en Asie qu’on a un problème comme cela actuellement).

    La nature a mis des centaines de milliers d’année à créer une foison d’espèces vivantes. Le simple bon sens nous permet de comprendre que plus une plante (ou un animal) est fragile, plus il se reproduit. Par la sélection nous avons donc favorisé les espères les moins résistantes et par l’uniformisation des cultures, on s’est mis en situation de tout perdre le jour où un nouveau « mal » devait apparaître. Alors qu’il faudrait au contraire faire du panachage dans les cultures en ne combinant des espèces très différente pour réduire les risques.

    Mais comme l’Homme est bien trop prétentieux pour comprendre ses erreurs, il croit maintenant qu’il peut manipuler les gênes pour obtenir ce qu’il souhaite.

    Si Monsanto (ou ce qu’il reste de concurrence) était une gentille ONG n’ayant aucun intérêt financier, je pourrai croire à un futur meilleur mais dès que l’argent entre en jeu, on sait qu’ils n’hésiteront pas à mentir, cacher, tromper pour arriver à leur fin.

    De la même manière que je ne crains pas le nucléaire mais ceux qui le gèrent, je crains ses vendeurs de semences qui font tout pour détruite toute alternative y compris en faisant interdire la vente ou même le don de semences « historiques » pour leur simple profit. Ils n’ont rien à faire des conséquences à long termes de leurs actes car ils ne vivent que pour le profit immédiat. Que seraient les conséquences si une manipulation devait mener à la création d’un poison qui ne ferait des dégâts qu’au bout d’une ou deux générations comme on l’a connu dans le médicament ?

    Suis-je trop pessimiste ? Traumatisé par le cinéma et la littérature d’anticipation ?

    Je préfère être pessimiste car dans le meilleur des cas, je serai agréablement surpris et dans le pire des cas, j’aurai au moins essayé d’anticipé en essayant de manger « autrement ».

  2. « il faut retenir que l’entreprise ne devient pas propriétaire des brevets du CRISPR et obtient simplement par cet accord un droit d’exploitation. »

    On est TRES LOIN de : « Monsanto s’empare du plus puissant outil de modification génétique. »

    1. Pas forcément, car même si la société n’est « propriétaire » dans les faits, elle en devient tout de même la seule et unique utilisatrice de l’outil.

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