2016 : année la plus chaude jamais enregistrée selon la NASA

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L’année n’est pas encore achevée que la NASA publie déjà son rapport indiquant que 2016 sera l’année la plus chaude jamais enregistrée par ses travaux. Une preuve que les émissions carbones ont des effets durables ? Oui, mais pas seulement.

Le rapport provient plus précisément du Goddard Institute for Space Studies (aussi connu sous le nom de GISS pour ceux qui suivent régulièrement ses rapports). Il s’agit de l’un des laboratoires du Goddard Space Flight Center de la NASA. Ce dernier peut paraître alarmant car il précise bien que nous ne pouvons plus échappé à une période de réchauffement global qui va s’accélérer.

Chaque mois, le GISS publie un rapport de température, et cette année 2016 a compté de nombreux records battus. Ce mois de septembre a été le plus chaud en 136 ans d’étude (avec un pic à 0,91 degrés Celsius au dessus de la normale). Le mois de juillet (habituellement le plus chaud pour la Terre) a lui aussi battu tous les records en devenant le mois le plus chaud « de tous les temps » (doucement, doucement, gardons à l’esprit que derrière cette formulation on entend « depuis que l’homme étudie son climat ») avec un pic de température à presque 0,84 degré Celsius au dessus de la normale saisonnière mondiale.

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Analyse de la répartition des anomalies en température lors du mois de septembre 2016

L’activité humaine toujours première responsable du réchauffement climatique

Pourquoi cette année 2016 est particulièrement chaude ? Et bien, au risque de reprendre un marronnier de la presse scientifique, encore et toujours à cause du réchauffement global dû aux émissions de gaz carboniques dans l’atmosphère.

On ne vous l’enseigne plus, mais l’activité humaine est devenue, depuis longtemps déjà, la principale source d’émission de ces gaz à effet de serre (le CO2 principalement). La nature elle aussi en émet naturellement, par exemple lors de la mort et de la biodégradation naturelle des végétaux. Ces derniers capturent de leur vivant le CO2 et en relâchent une grande partie à leur disparition. C’est d’ailleurs pourquoi l’abattage forestier est une des industries humaines les plus « polluantes ».

Le phénomène El Niño (ou ENSO) très impliqué dans les hautes chaleurs de 2016

Cependant, le GISS précise aussi que nous devons cette forte température en 2016 à un autre événement climatique important : El Niño (ou plus largement ENSO). A l’origine il s’agit d’un courant côtier saisonnier apparaissant près du Pérou. Il est d’ailleurs connu pour marquer la fin de la saison de la pêche locale.

Sans rentrer dans des détails que nous ne serions pas à même de vous expliquer correctement, il faut savoir que ce courant d’eau chaude est impliqué dans un circuit de perturbations atmosphériques importantes. On parle de ENSO (pour El Niño – Southern Oscillation).

Ces perturbations entraînent notamment des modifications de la pluviométrie qui ont tendance à aggraver la désertification et les sécheresses de certaines zones de l’hémisphère sud et de l’équateur. Il s’agit d’un phénomène saisonnier qui participe grandement au réchauffement naturel de l’atmosphère, or cette année, le phénomène ENSO a été particulièrement prononcé.

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Observation des anomalies en température dans l’Océan permettant d’observer les courant côtier El Niño.

Les accords de Paris inatteignables ?

Interrogé par Gizmodo.com, le climatologue Jeremy Shakun (Collège de Boston) se sert de ces observations pour garantir que l’année prochaine sera bien moins chaude qu’en 2016 puisque le phénomène ENSO devrait avoir des effets normaux. Cependant, l’augmentation des émissions carbones reste problématique. « Avec un taux d’émissions qui ne cesse d’augmenter, je ne vois aucun moyen pour nous de ne pas admettre que nous léguerons bientôt de nombreux impacts écologiques aux générations futures. »

Une opinion qui semble être confirmée par James Hansen, ancien directeur du GISS, et plusieurs autres scientifiques, qui dans un papier expriment leur opinion concernant les récents accords de Paris. Ces derniers ont fixé le premier objectif mondial de réchauffement en spécifiant que les nations signataires (dont la Chine, principale responsable des émissions carbones) doivent parvenir à ne pas dépasser, conjointement, la barre des 1,5 degrés Celsius au dessus des normales.

Or selon James Hansen, cet objectif serait tout simplement inatteignable sans l’invention d’une technologie de capture des gaz carboniques. Pour lui, si 2016 est l’année la plus chaude jamais observée par l’homme, il ne fait aucun doute qu’elle ne gardera pas ce titre très longtemps.

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