La grande question télévisuelle : le mystère Doctor Who

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Comment une série née dans les décors en carton-pâte de la BBC en 1963 peut générer autant d’enthousiasme et de profits en 2016 ? Plus que le nom du Docteur, là réside la grande question télévisuelle.

EXTERMINATE ! J’avoue platement, c’est le premier mot anglophone que ma progéniture a su dire correctement. Celle-ci n’a pas plus de tendance à la violence que n’importe quelle pré-ado élevée dans un milieu urbain. Tout simplement lors d’un petit déjeuner tardis tardif pris devant France 4, il y a plusieurs lunes de cela, ladite descendance a découvert Doctor Who (qui a l’époque avait ce visage et cette veste de cuir).

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Depuis, le Docteur et son univers sont élevés dans son panthéon au rang de série culte. Et de mon côté, grâce au miracle des versions multilingues, d’outil pédagogique pour une initiation à la langue anglaise.

Pour autant, le plus grand mystère reste de comprendre comme une série télévisée née en Grande-Bretagne en 1963 avec des décors de cartons-pâtes et des antagonistes ressemblant à des boîtes de lait couvertes de vis, peut séduire autant de spectateurs au siècle suivant. Avec autant de diversité. J’ai personnellement vu ma fille de huit ans à l’époque en grande dissertation sur le sujet avec un quadragénaire et un adolescent de 17 ans pour déterminer quel est le meilleur épisode, et théoriser sur le sort de Gallifrey (la planète d’origine du Docteur si comme moi vous n’êtes pas au parfum) ou l’avenir de la Fille Impossible et de River Song.

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Réplique culte de River Song “SPOILERS !”

Chez bien des amis anglo-saxons comme francophones, la tradition de fin d’année bien établie est de regarder en famille, l’épisode de Noël. D’autant que cette année, la BBC n’a pas lancé de nouvelle saison complète et que l’épisode du 25 décembre prochain sera la seule occasion pour les fans d’avoir leur dose fraîche de voyage en Tardis.

Une série ? Non, un univers entier

Pour autant, avec une série presque aussi vieille que la BBC et comptant au total 35 saisons (26 durant la première période de 1963 à 1989 et 9 depuis le renouveau en 2005) et près de 850 épisodes d’une heure, il y a de quoi s’occuper. Et si cela ne suffit pas ? Doctor Who n’a rien à envier à Star Trek : deux films (assez mauvais pour être qualifiés de nanars malgré la présence de Peter Cushing), un téléfilm, des adaptations audio (pour les anglophones), des livres écrits entre autres par Douglas Adams ou Alastair Reynolds, des comics (édités par Marvel, IDW et distribués par Panini en Europe).

comics Dr who

Et surtout des séries dérivées. Si The Sarah Jane Adventures s’est achevé en 2011 avec la mort de l’actrice principale sans diffusion francophone, la version « plus adulte » de Doctor Who, Torchwood, a été diffusée par NRJ12 et SyFy et est rediffusée assez fréquemment (moins que Highlander ou Sanctuary tout de même). Elle a elle-même eu droit à une pléthore de produits dérivés. Et des rumeurs sur un retour du Capitaine Jack Harkness et de son équipe ne cessent de réapparaitre régulièrement sur la toile. La petite dernière, Class, a fait son apparition début octobre sur BBC3, la webTV de BBC. Lorgnant franchement du côté de Buffy, tueuse de vampires, remis au goût du jour à la sauce britannique, cette petite nouvelle se regarde agréablement. Même sans aucune connaissance préalable de l’univers Whovien.

Accessible pour tous

Doctor Who

Doctor Who

Et si justement cette capacité à accueillir des nouveaux venus à tout moment était le secret de la longévité de Doctor Who ? La série centrale a de quoi séduire les amateurs de science-fiction, d’action (sans être pour autant aussi explosif qu’un Michael Bay) et d’humour so british. Avec un tel passé, l’intrigue pourrait être devenue trop complexe pour le néophyte.

Et pourtant non.

Une fois posé le principe de base (un extra-terrestre humanoïde voyageant dans l’espace-temps en se déplaçant dans une cabine téléphonique bleue plus grande à l’intérieur), l’ensemble reste facile à suivre. Est-ce dû aux régénérations successives du Docteur (correspondant aux changements d’acteur) ? Ou au fait que l’histoire est conçue comme une BD avec des rappels légers, mais utiles pour les néophytes, et amenés dans le fil de l’intrigue pour expliquer un point aux personnages ? Peut-être. Ou tout simplement parce qu’elle s’adresse à toute la famille, aussi bien adultes qu’enfants, et qu’à la manière d’un bon Pixar, chaque épisode peut se lire à deux niveaux. Malgré toutes ses qualités, et bien que vivant avec une grande fan, personnellement je n’arrive pas à accrocher à Doctor Who.

En revanche, ses séries dérivées – Torchwood et maintenant la prometteuse Class – m’ont conquises. Bande-annonces ci-dessous :

Basées dans le même univers, elles abordent des thématiques différentes de la série principale, qui reste à mon goût de la science-fiction classique comme peut l’être Star Trek, la série originale. De plus, à la différence de l’original qui repose sur le Docteur (quel que soit l’acteur du moment) et son Compagnon (plus souvent une Compagne soi-dit en passant), elles reposent sur un ensemble de personnages principaux.

Du coup, là où certains personnages principaux (oui toi Clara Oswald) me rendent insupportables les épisodes de Doctor Who où ils sont présents, le problème est moins gênant quand il s’agit de suivre les aventures de 5 ou 6 personnes différentes. Au final, en livres, en séries TV, en films, en comics ou même en arts culinaires et en mode, le Docteur a donné naissance à un univers très riche, ce qui doit surement expliquer sa longévité.

Sait-on jamais si le peignoir a sa part de responsabilité… 

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  1. J ai comme tous, découvert l uniers du Doc un hiver 2005. Il m a emballé aussitôt. Si comme moi vous avez connus la science fiction des années 70 , vous ne pouvez qu’ etre emballé par le fait de pouvoir voyager le spatio-tps.

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