Tchernobyl a son nouveau sarcophage

arche-novarka-tchernobyl

La nouvelle arche recouvrant le réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl est en place depuis dimanche dernier, 17h30. L’ancien sarcophage, posé il y a 30 ans de cela, n’avait plus qu’une durée de vie minimum de 5 ans.

Pesant près de 36 000 tonnes, et mesurant 162 mètres de long pour 108 mètre de haut, cette nouvelle arche, capable de contenir le Stade de France en entier, est essentiellement le fruit du génie de l’ingénierie française. Elle a été conçue et construite par Novarka, un consortium établit entre Bouygues Construction et Vinci Construction, et qui a obtenu le contrat en 2007.

Cette arche a été assemblée à 327 mètres exactement du précédent sarcophage recouvrant toujours le cœur du réacteur de l’ancienne centrale Lénin. Une fois achevée, il a donc fallu la pousser, centimètres par centimètres, vers son lieu de repos définitif pour les 100 ans à venir (durée de vie minimum du nouveau sarcophage, sachant que l’ancien n’en avait une que de 35 ans et devait donc impérativement être remplacé). Cette entreprise à débuté le 14 novembre dernier et nécessité l’usage de 200 super vérins hydrauliques. Dimanche, à 17h30, la nouvelle arche s’est dont parfaitement emboîtée sur l’ancienne structure établie par l’URSS.

Un projet mené par l’ingénierie française et financé par de nombreux pays

Constituée presque entièrement d’acier, et d’un revêtement interne et externe en inox (pour protéger l’acier de la rouille et de l’usure), l’opération a coûté plus de deux milliards de dollars, essentiellement financés par la Banque Européenne Pour La Reconstruction Et Le Développement (BERD) et différents pays donateurs comme la France et la Russie.

Tous les travaux ne sont pas encore achevés. Novarka a encore un an pour poser les membranes d’étanchéité garantissant qu’aucune poussière radioactive ne pourra sortir de la nouvelle arche lorsque le précédent sarcophage cédera. Comprenez par là qu’il s’agit de mettre en place deux portes gigantesques et les mécanismes de sureté qui vont avec, pour le futures générations qui auront à travailler sur les lieux.

Tchernobyl – Novarka from HIKARI Corporate on Vimeo.

Que se passera t-il ensuite à Tchernobyl ?

Les générations futures, parlons-en. Car si cette arche est censée tenir 100 ans de plus, il faudra bien un jour la remplacer à nouveau, ou bien nettoyer le magma radioactif qui se trouve en dessous. Le contrat de Novarka comprenait une close visant à faciliter les futurs travaux de déconstruction : d’abord du premier sarcophage russe mis en place en 1986, mais ensuite, pourquoi pas, de la centrale nucléaire dans son ensemble. La nouvelle arche est ainsi équipée de porte outils géants et de différents ponts roulants censés faciliter l’accès au précédent sarcophage.

Mais pourra-t-on un jour envoyer des hommes faire de tels travaux ? A priori, la réponse est non (à moins de trouver des technologies révolutionnaires pour résister ou supprimer les effets d’un tel niveau de radiation). L’idée serait donc d’envoyer travailler là bas des robots adaptés (capables eux aussi de résister aux radiations sans que leurs circuits ne fondent) comme certains sont utilisés à Fukushima. Problème, la BERD n’a pas de fonds prévu pour un nouveau projet de réhabilitation de la centrale nucléaire de Tchernobyl. L’avenir reste donc incertain.

Tags :
Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Bonjour Thibault ! L’ancien sarcophage n’avait plus qu’une durée maximum ou minimum de 5 ans ? Si c’est minimum, comme indiqué, cela ne veut pas dire grand chose…

    1. Bonjour

      C’est bien « minimum » comme indiqué.

      En fait, les architectes et ingénieurs sont tenus, dans leurs contrats, de concevoir un sarcophage dont la durée de vie assurée est d’une certaine période. Le premier devait durer 35 ans.
      Les ingénieurs parlent donc d’une durée de vie minimum puisqu’ils sont sûrs que cela tiendra bien 35 ans. Leur responsabilité est ainsi engagée pendant cette période, mais plus par la suite, même si rien ne dit que le sarcophage tombe en poussière au moment T où la durée de vie minimum est dépassée.

      C’est la même chose que pour les garanties sur un smartphone ou tout autre matériel. Celle-ci garantie une durée de vie minimale, mais rien ne dit que l’appareil ne survivra pas plus longtemps. Il faut voir cette valeur comme une manière de savoir qui est responsable d’un éventuel échec, et, une mise en garde « attention, au delà de 35 ans, il est possible que notre vieux sarcophage commence à fuir ».

    1. @nicolas
      Cette idée a bien sûr été envisagée, jusqu’à ce que quelqu’un demande: « Et si la fusée explose au lancement? »
      OK, abort mission….

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité