Energie infinie : le « soleil artificiel » allemand progresse !

Stellarator-soleil

Depuis les années 1950, des scientifiques du monde entier tentent de réaliser l'impossible : développer un réacteur à fusion nucléaire générant de l'énergie de la même manière qu'une étoile... mais sur Terre. C’est pour cette raison qu’on parle de « soleil artificiel ». Dis comme ça, cette production d'énergie semble dangereuse, mais il n'en est rien. Mieux, le réacteur Wendelstein 7-X (un réacteur allemand concurrent d'ITER qui est en construction dans le sud de la France) vient de passer ses premiers tests avec succès !

Selon une étude publiée dans le dernier numéro du journal Nature Communications , les chercheurs ont confirmé que le réacteur à fusion Wendelstein 7-X (W7-X) qui se trouve en Allemagne fonctionne correctement et peut donc progresser dans sa réalisation. Le réacteur développé en Allemagne, un Stellarator, a généré son premier plasma d’hydrogène quand il a été allumé au début de l’année. De nouveaux tests ont donné aux scientifiques le feu vert pour qu’ils passent à l’étape suivante du processus.

Un réacteur à fusion ?

Sur le papier, les réacteurs à fusion nucléaire pourraient fournir une énergie propre et illimitée au monde entier. Au contraire d’un réacteur à fission nucléaire qui sépare les atomes d’éléments lourds pour générer de l’énergie,  les réacteurs à fusion assemblent les noyaux d’atomes légers en atomes plus lourds. Ce processus libère une quantité massive d’énergie et ne crée aucun déchet radioactif. Le « combustible » utilisé dans un réacteur à fusion est de l’hydrogène qui peut être extrait à partir d’eau.

Pour atteindre la fusion, les scientifiques doivent générer des températures incroyablement hautes (plusieurs dizaines de millions de degrés)  pour chauffer l’hydrogène à l’état de plasma. Le plasma est si chaud qu’aucun matériaux ne peut le contenir. Il brûlerait tout. Et c’est là que le design du Stellarator est important.

Le réacteur du W7-X confine le plasma à l’intérieur d’un champ magnétique généré par des bobines supraconductrices refroidies à des températures avoisinant le zéro absolu. Le plasma, qui peut atteindre des températures proches de 80 millions de degrés Celsius, ne touche jamais les parois de la chambre de confinement.

Si jamais le plasma venait à toucher la paroi, la fusion serait immédiatement interrompue et aucun déchet radioactif ne viendrait contaminer le bâtiment.

Le W7-X est le plus grand et le plus sophistiqué des stellarators. Il est actuellement sous le contrôle de l’Institut Max Planck de physique des plasmas. Les derniers tests ont été conduits en collaboration avec des scientifiques américains du Laboratoire de physique des plasma de Princeton.

 

Le combustible peut donc être trouvé dans l’eau de mer dans des quantité suffisantes pour durer des dizaines de milliers d’années. Les déchets produits sont de l’hélium, un gaz inerte. Un réacteur à fusion viable fournirait donc une source d’énergie bénigne pour l’environnement, illimitée et sûre pour toutes les nations.

En France, le projet ITER a pris régulièrement du retard. Il utilise également un autre système pour atteindre la fusion, le tokamak, qui doit encore faire ses preuves sur sa capacité à confiner le plasma longtemps.

Tags :Sources :NatureITERIPPSeeker
Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. « Aucun déchet radioactif ne viendrait contaminer le bâtiment. »
    Faux. La réaction envisagée produit des neutrons rapides qu’on ne sait pas confiner. Même si ils espèrent en récupérer une partie sur les générateurs de tritium en paroie, l’essentiel sera « perdu » autrement dit viendra rendre radioactifs les matériaux de l’enceinte et du bâtiment.
    Certes l’activité des déchets produits sera moindre en comparaison des réacteurs à fission mais ça se compte quand même en milliers d’années…
    Plus grave : ces mêmes neutrons rapides vont sans aucun doute venir bousiller assez rapidement les bobinages supraconducteurs nécessaires au confinement du plasma (610 millions d’euros aux dernières nouvelles, à remplacer régulièrement, tout les ans peut-être et ça pourrait encore augmenter avec le coût des matières premières…).
    ITER et consorts sont des voies technologiques sans issues. Les japonais et les américains le savent bien. C’est pour cela qu’ils ont laissé notre beau pays décrocher le contrat. Cocorico !
    ITER ne sera qu’un jouet technologique pour quelques chercheurs trop heureux d’être, en plus, payés par le contribuable français pour les 20 à 30 prochaines années… Oups ! Maintenant vous savez pourquoi on a signé.
    D’autres voies technologiques semblent beaucoup plus intéressantes et moins coûteuse si on veut vraiment faire de la fusion.
    Et puis, il y a LENR ! Américains, japonais, russes, chinois et d’autres s’y intéressent et commencent à y investir. Et nous ? En 2030 si ce truc démarre, il sera dépassé depuis longtemps.

  2. Et oui, il y aura des déchets radioactifs… encore… avec une durée de vie moindre, mais il en aura…

    John, ITER est un projet scientifique internationale où participe l’Union Européenne, le Japon, le Canada… et ce dans tous les sens du terme : participer.

    Mais ce n’est pas le seul. Près de Bordeaux une projet type LASER haute densité est en service. En Angleterre une société privée travaille sur des « Mini » Tokomak. Aux USA, deux projets existent…
    Apparement tous ceux qui s’en désintéressent selon vous, y investissent pourtant énormément !!!

    Petite rectification sur l’article, le Stelator allemand est également un tokomak… différent, mais cela reste un tokomak.

  3. Eh oui mais qui d’autre que les occidentaux ont les ressources financières et les compétences pour faire progresser la science ? Les résultats des réacteurs à fusion sont incertains mais il faut bien essayer … et affirmer qu’ils sont voués à l’échec c’est un peu prétentieux…

  4. Le stellarator comme iter est un tokamak au sein duquel un plasma très peu dense mais très chaud est contenu par des champs magnétiques.
    Ce qui distingue les deux machines, c’est l’architecture des champs et du plasma.
    La fusion est une technologie de pointe qui n’est pas maîtrisée.
    Elle est nettement moins dangereuse que la fission et crée beaucoup moins de déchets radioactifs que celle-ci.
    Que nous réserve l’avenir?
    l’abandon ou la prolifération? Je ne sais pas.

  5. Question d’un néophyte : si ce plasma à 80 millions de degrés Celsius se retrouve à l’air libre à cause d’une explosion, il se passe quoi ?

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