Critique Logan : le dernier combat de Wolverine

Old Man Logan

Ca n’est un secret pour personne, 17 ans après avoir incarné pour la première fois le mutant hirsute, Hugh Jackman raccroche les griffes avec Logan, le film qui sera — sauf renégociation de contrat — sa dernière incarnation de Wolverine. Avant sa sortie en salle, ce film vaut-il le coup d’être vu ? Six fois oui !

(Attention, je vais essayer de ne pas trop dévoiler l’intrigue du film, mais je ne vous garantis rien. Si vous souhaitez découvrir le film avec absolument aucun a priori, arrêtez-vous là. Sachez juste qu’il est excellent, mais que ce n’est pas un film de superhéros pour enfant, encore moins que Deadpool. Bon film, et pour les autres reprenons)

Spoilers Alert

Grâce à une amie qui connaît ma vieille passion pour les mutants, j’ai pu voir hier soir en avant-première, Logan de James Mangold. Si les différentes adaptations cinématographiques ont un goût doux-amer pour la fan de la première heure que je suis (que Bryan Singer veuille bien se donner la peine de lire le matériel originel au lieu de se contenter des résumés Wikipédia. Nous éviterions bien des erreurs de casting comme Halle Berry en Tornade), il y a une constante en dix-sept ans : Wolverine. Bien que ne ressemblant absolument pas physiquement à mon mutant canadien grincheux favori, Hugh Jackman est Logan. Il a au fil des films, tant les différents X-Men que les Wolverine, trouvé le juste milieu entre la machine à tuer, le solitaire blessé par le poids de son passé, et l’éternel désabusé qui sort ses griffes comme on s’ouvre une bière. Pour clore son passage dans ce rôle, il dévoile dans Logan sa meilleure prestation.

L’intrigue commence en 2029 avec Logan en chauffeur VTC qui subvient à ses besoins et à ceux d’un professeur Xavier très affaibli, quand il se retrouve bien malgré lui à devoir protéger une gamine farouche — et griffue elle aussi — et lui faire traverser les États-Unis pour lui permettre d’échapper à ses poursuivants. J’avoue qu’ayant vu la bande-annonce, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. L’histoire semblait suivre plus ou moins la trame de Old Man Logan, pour un Wolverine vieillissant dans un monde où mutants et superhéros ont quasiment disparu. Mais elle y ajoutait Laura, la clone de Wolverine qui rejoindra plus tard les X-Men sous le nom de X-23 (et dans les BD reprendra le titre n’est-ce pas messieurs les producteurs de la Fox ?) et Donald Pierce et les Reavers, des cyborgs anti-mutants créés par Chris Claremont en 1988.

Et pourtant, tout ce petit monde se mêle sans fausse note en y ajoutant quelques personnages totalement créés pour l’occasion. Ce fut d’ailleurs un bonheur de revoir Eriq La Salle en fermier résolu depuis qu’il a quitté son rôle de chirurgien prodige dans Urgences pour devenir écrivain de polars. Le résultat, avec les modifications inévitables pour un passage au grand écran et pour une fois bienvenues (ce doit être la première fois que Donald Pierce est agréable à regarder, même s’il reste à l’intérieur une pourriture incurable), est très original et en même temps fidèle à l’imaginaire de Wolverine.

La forêt, le road movie, les différentes scènes de rages meurtrières (très graphiques), les références aux manipulations génétiques et médicales de Weapon X, la relation qui s’instaure peu à peu entre Wolverine et Laura : tout est très juste et dans l’esprit des comics. La seule minuscule fausse note est qu’à la place du X-24 sorti de son chapeau (ou de sa cage), j’aurais préféré soit une introduction de Daken (le fils de Wolverine qui est lui le plus souvent un vilain) ou un retour de Liev Schreiber en Dent-de-Sabre (surement parce que Ray Donovan fait partie de mes plaisirs TV inavouables).

Si je m’attendais à un film d’action, je n’ai pas du tout été déçue, et même plutôt agréablement surprise par le côté « old school » et le peu d’effets spéciaux ajoutés post-production. En revanche, je ne m’attendais pas à être si remuée émotionnellement par un tel film. Qu’il s’agisse du passé de Laura ou de l’évolution de Charles Xavier (un Patrick Stewart incroyable en nonagénaire épuisé et bougon) et celle de Logan lui-même, le cœur du spectateur se serre plus d’une fois.

C’est pour cette raison, plus que pour la violence physique, que je déconseille fortement le film aux jeunes spectateurs. Les thèmes abordés sont durs et montrés crument, sans tomber dans l’exhibition sensationnaliste. Notons enfin que Dafne Keen, l’enfant actrice jouant Laura, impose sa présence à chaque scène où elle apparaît, même face à des acteurs plus que confirmés. Avec moins de lignes de dialogue qu’un des paragraphes de ce texte, elle dégage une présence incroyable et donne envie de la revoir très vite dans ce rôle.

Logan de James Mangold sort en France le 1er mars. En attendant, vous pouvez vous replonger dans L’Arme X de Barry Windsor-Smith pour le passé médical et la violence inhérente de Logan, redécouvrir les Uncanny X-Men de Chris Claremont et Marc Silvestri de 1988 et 1989 pour en savoir plus sur les Reavers, relire Wolverine : Old Man Logan de Mark Millar et Steve McNiven paru de 2008 à 2009, et voir l’épisode 11 de la saison 3 du dessin animé X-Men Evolution (très bon au passage et tout public) pour découvrir les premiers pas de Laura.

 

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