Insolite : Les classiques de la littérature revus et corrigés selon le langage des réseaux sociaux

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Les classiques de la littérature vous ennuient ? Vous aimeriez transmettre ces belles histoires à vos enfants sans trop les sortir de leur zone de confort ? Il semblerait qu’un éditeur américain ait osé publier une version un peu spéciale de Roméo et Juliette, de William Shakespeare…

Je dis, « osé », parce qu’il fallait le faire, de renommer la pièce YOLO Juliette. Le parti pris de l’auteur, donc, c’est de reprendre les classiques en faisant parler les personnages comme des adolescents sur les réseaux sociaux, emojis compris.

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Pari osé : bonne idée ?

Je ne sais pas si c’est l’idée d’un génie incompris ou bien si c’est juste une blague, et les commentaires sous la photo d’origine sont assez partagés. Alors, est-ce une bonne idée d’essayer de mettre à la portée des adolescents les classiques de la littérature, ou bien est-ce niveler par le bas en prenant les enfants et les adolescents pour des imbéciles ?

Il faut dire que l’original en langue anglaise est plutôt ardu à lire : écrit dans un anglais du XVIe siècle, ce n’est pas à la portée de tout le monde. Mais des versions traduites en langage moderne existent déjà. On imagine aussi qu’il existe également des versions abrégées, comme pour les classiques en français : le môme n’est pas obligé de se taper 1000 pages écrites dans un langage dont il n’a pas l’habitude et qu’il aura du mal à comprendre, mais il a accès à l’œuvre, à sa signification, et s’il le souhaite, il pourra lire la version originale plus tard.

Initier les enfants à la littérature n’est pas chose aisée, et cela ne l’a jamais été, réseaux sociaux ou pas, sauf dans le cas d’enfants ayant un goût naturellement prononcé pour la lecture, voire pour les classiques.

Le souci de ce genre de version, tellement abrégée et tellement simplifiée, c’est que non seulement elle ne pousse pas l’enfant à aller chercher plus loin que ce qu’il connaît déjà ; mais en plus, l’histoire y est simplifiée à l’extrême et l’on perd toute la subtilité, les symboles et les images des dialogues originaux (surtout chez Shakespeare, et en théâtre de surcroît, où le dialogue est central). Comment voulez-vous vous évader, comment faire fonctionner l’imagination, avec un texte aussi appauvri ?

Pourquoi vouloir faire lire les enfants ?

C’est une question vaste à laquelle on ne peut pas répondre en si peu de mots, mais enfin quelques pistes : on fait travailler l’imagination, on entraîne le regard interne, l’expérience solitaire aussi, et on donne du vocabulaire aux enfants. Ainsi, on leur permet non seulement d’être mieux capables de prendre du recul sur leurs expériences, parfois douloureuses, mais on leur permet aussi et surtout de s’exprimer correctement. Et l’expression libre, la richesse de la langue et du vocabulaire, c’est aussi la liberté de la pensée : on sait trop aujourd’hui les dangers que comportent une langue appauvrie à l’extrême (on peut relire 1984 d’Orwell, mais aussi s’inspirer des discours de Trump et de son équipe…)

Aimer la littérature, ce n’est pas obligatoire. Surtout à 10 ans, et surtout la littérature classique. La littérature est un processus qui s’étale sur toute une vie, et attention scoop : on n’a pas raté sa vie si l’on n’a pas lu Proust ou Ionesco. En France, on a la chance d’avoir une édition jeunesse de qualité, et si l’on souhaite faire lire ses enfants, ce n’est pas le choix qui manque pour les initier à une littérature adaptée et de qualité.

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Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Pauvre Shakespeare, il doit se retourner dans sa tombe tellement vite que si on pouvait le brancher à un générateur électrique , le monde entier ne connaîtrait plus jamais de soucis d’énergie !!!

    Quand je vois l’épaisseur de la chose, il ne doit plus rester grand chose de l’oeuvre originale ! (Quand je vois que la scène 5 de l’acte 1 est à la 14ème page … voilà quoi !)

  2. Intéressant sauf que ça fait plusieurs années que des ouvrages analogues existent : renseignez-vous avant d’écrire, ça évite de penser que l’on réinvente le fil à couper le beurre constamment !

  3. J’avoue qu’il existait même a une époque un traducteur automatique d’œuvres littéraires au format SMS… Via la fonction traduction de google… C’était un clin d’oeil de google france, quand ils étaient encore un peu moins professionnels et plus blagueurs que maintenant… (il y a eut d’autres blagues de ce genre : Javanais,…)
    Hélas tout ceci ne fut qu’éphémère.

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