Apéro : Que se passe-t-il lorsque vous faites un Blackout ?

alcool

Ce weekend a été dur, vous vous êtes réveillé dans un lieu inconnu, la chemise déchirée par endroits et avec des tâches mystérieuses que vous espérez être de la nourriture ? La dernière chose dont vous vous souvenez est ce dernier verre de Tequila… Que s’est-il passé ? Explications.

Quel est l’action de l’alcool sur le cerveau ?

Toute personne étant familière avec l’alcool a subi un black-out ou bien, nous connaissons tous quelqu’un à qui s’est arrivé (oui, ça nous démange de balancer des noms). Le fameux trou noir existe sous deux formes, l’une « en bloc » et l’autre « fragmentaire ». Comme leurs noms l’indiquent, les pannes partielles ne nous font oublier que quelques moments de la soirée alors que les autres font carrément disparaître l’ensemble de la nuit.

Les personnes qui souffrent de pannes fragmentaires, aussi appelées « baisses de tension » peuvent d’ailleurs réussir à se souvenir des évènements occultés, si tant est qu’on le leur rappelle. Notez que parfois, il n’y a pas à remercier les copains… Bref, ce n’est pas le propos. Pour ceux qui sont adeptes de la forme dite en bloc, ils n’ont pas cette ‘chance’…

Mais pourquoi diable on ne se souvient plus ?

En premier lieu, il faut savoir que ces trous noirs ont un point commun puisqu’ils sont causés par la même chose appelée scientifiquement, neurophysiologie. Sous cette appellation barbare, se cache une perturbation chimique interférant dans le cerveau, dans la région de l’hippocampe. Cette région est entre autre connue pour son rôle dans… la formation de la mémoire !

L’alcool interfère alors avec les récepteurs de l’hippocampe, qui ont pour mission de transmettre le glutamate, un composé permettant le transfert de signaux entre les neurones. Au cours de votre cuite soirée, l’alcool empêche certains récepteurs de travailler, tout en en activant d’autres.

Ce processus amène les neurones à créer des stéroïdes, à ce moment ils ne peuvent décemment plus communiquer correctement les uns avec les autres. On nage en plein marasme qui, au final, perturbe la potentialisation à long terme (LTP), un processus jugé indispensable dans l’apprentissage et la mémoire.

blackout

Le responsable de tout ? C’est lui… ou vous. Mais bon, on va pas chipoter !

Les effets du blackout (à part l’évidente perte de mémoire…)

Pour les fans de Docteur House, l’effet est similaire à une amnésie antérograde. Le cerveau perd temporairement la capacité de création de nouveaux souvenirs. Les préposés au blackout sont donc capables de prendre part à des discussions animées comme d’envoyer un mail à leur patron (ça sent le vécu ? Pensez-vous…). Ils sont simplement dans l’incapacité de former un souvenir, pas de le faire. C’est ballot comme dirait l’autre.

Passons maintenant au côté obscur de cette Force. Ces pannes ont tendance à indiquer un niveau très élevé d’intoxication, ce qui induit un jugement faussé, voire un comportement dangereux. Par exemple, conduire ivre ou ne pas utiliser de protection pendant un rapport sexuel.

Peut-on éviter les trous noirs ?

Comme c’est souvent le cas avec l’alcool, un estomac plein est une base inexorable. Ne pas manger fait grimper plus rapidement le taux d’alcoolémie. Sans vouloir vous prendre pour des noobs, boire moins et plus doucement… Vous savez, ce type qui se barre tout le temps des soirées… Modération. Il est censé être votre meilleur ami…

Pour corroborer ces propos, des études montrent que le principal coupable du blackout est une hausse spectaculaire de la teneur en alcool dans le sang. En général, le niveau d’alcoolémie plafonne au moins à 0.15 %… Et les ennuis commencent vraiment lorsque ce palier est atteint rapidement.

Les hommes et les femmes sont-ils égaux ?

Les femmes peuvent avoir plus de mal à éviter les trous noirs puisque leur taux d’alcoolémie augmente plus rapidement que celui des hommes. Non seulement elles ont tendance à avoir moins d’eau dans le corps pour disperser l’alcool, mais biologiquement, elles libèrent moins de déshydrogénase gastrique, une enzyme qui décompose l’alcool. Injustice quand tu nous tiens.

Les études font également état d’une récurrence. Vous êtes plus susceptible de succomber au blackout si vous l’avez déjà connu. Partant de ce principe, mieux vaut faire un break avec l’alcool si vous subissez le phénomène. Sans quoi vous vous exposez à remettre ça.

Le fait de faire des blackouts fait-il de vous un alcoolique ?

Jellinek, expert en addiction, a commencé une étude très sérieuse sur ce phénomène en 1940. Comme quoi vous n’êtes pas le premier. Seulement, il a estimé que l’occultation était un signe certain de la dépendance. Ceci étant, les résultats se confrontent sempiternellement et de récentes études tendent à indiquer que ce n’est pas toujours le cas.

En somme et fondamentalement, tout se résume à cette hausse soudaine du taux d’alcoolémie, toutefois certaines personnes peuvent avoir une prédisposition génétique au blackout. Entre nous, ne servez pas ça comme excuse pour votre comportement, ça ne passerait pas !

Le fait est que les pannes fréquentes ne doivent pas être prises à la légère. En plus de vous livrer à un comportement sans doute hasardeux, vous pourriez regretter maintes de vos actions. Si vous bouleversez les fonctions de base du cerveau de manière significative, vous laissez la porte ouverte aux dommages à long terme. Inutile de préciser que ce n’est pas une bonne idée.

Prost !

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