Vidéo : Les héritières de Buffy contre les Vampires, l’Alpha des héroïnes badass de série a 20 ans !

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Vingt ans, ça se fête, non ? 144 épisodes et sept saisons pour l’une des premières héroïnes complètement badass du petit écran : on en a botté des culs de vampires avec Buffy ! Retour sur l’héritage que la blonde énergique a laissé.

« La première mission de la série, c’est la joie liée au pouvoir féminin : avoir le pouvoir, l’utiliser, le partager. » Joss Whedon, créateur de la série, lors de son lancement.

Et de fait, que de femmes puissantes dans Buffy contre les vampires, de Faith à Willow en passant par Tara, et Buffy elle-même, bien sûr.

Buffy, une femme Alpha loin des clichés

Des slasher movies, ces films d’horreur très codifiés mettant en scène un tueur en série décimant un groupe d’adolescents, on garde en mémoire le cliché surexploité de la jolie blonde, gentille mais pas fute-fute, ultra stéréotypée, et se faisant systématiquement dézinguer par le tueur. On se souvient que Sarah Michelle Gellar, l’interprète de Buffy, s’est elle-même illustrée dans ce rôle par deux fois : dans Souviens-toi l’été dernier et dans le cultissime Scream. Si le cliché de la blonde-aux-gros-seins-dézingable a été démonté plusieurs fois au sein même du slasher movie (dans Scary Movie) ou même dans d’autres catégories (on pense à La Revanche d’une Blonde, un film surprenant de bonnes idées – qu’on aime ou qu’on n’aime pas), dans Buffy, on renverse vraiment les rôles. La petite blonde fragile devient une fille surpuissante, obligée de grandir trop vite à cause de la responsabilité qui pèse sur ses épaules. Buffy est forte, maline, débrouillarde et très indépendante.

Dans Buffy, la quête du prince charmant, c’est … pas vraiment ça ! Si les histoires d’amour ne sont pas absentes de la série (loin de là), elles tendent néanmoins à s’éloigner des clichés traditionnels des amours adolescentes. Ici, on a un peu plus l’impression de voir des vrais gens, qui se posent des questions qu’on a pu se poser au même âge. Ni Buffy ni aucune des femmes de la série n’est réduite au statut de « love interest », et les hommes n’ont pas des rôles traditionnels. Alex est un garçon pataud, qui n’a aucun pouvoir, et dont la personnalité ne se cantonne pas à un ado en rut ; lui aussi s’éloigne des clichés. S’il y a un love interest dans Buffy contre les vampires, c’est Angel. Le vampire sexy permet à Buffy d’avoir une histoire d’amour aussi longue qu’intéressante, qui amène beaucoup de questionnements quant aux relations hommes/femmes et au développement des sentiments amoureux à l’adolescence. Et en amour aussi, Buffy se révèle un personnage fort, qui n’hésite pas à prendre des décisions drastiques pour se protéger, et protéger les siens. Giles enfin, c’est un peu la figure du père, un peu la figure du sage : il a pour lui l’âge, ce qui en fait un homme un peu à part dans le monde des adultes de cette série.

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Le cliché de la jeune fille fragile est, lui aussi, démonté : Buffy n’a besoin de personne pour se protéger – et surtout pas d’un homme : elle doit parfois, au contraire, apprendre à se protéger d’eux. Cela dit, la série est suffisamment bien écrite (au moins jusqu’à la saison 5), pour que beaucoup de clichés sur les personnages féminins soient démontés, sans que pour autant, les hommes passent pour des gros nazes ou des pleutres. C’est aussi à mon sens ce qui fait la force de la série : ne réduire personne à un cliché.

Ce qui ne l’empêche pas de traverser des épreuves

La série de Joss Whedon s’attache à montrer le passage, souvent difficile, de l’adolescence. Buffy peut être vue comme un rite initiatique, où l’on suit une jeune fille innocente et un peu tête à claque devenir peu à peu une jeune femme forte, responsable, et qui protège les siens. De même que les autres personnages de l’âge de Buffy évoluent et se trouvent : Willow devient une sorcière accomplie, et assumée (lesbienne et sorcière, c’est pas facile tous les jours) ; et Alex parvient à trouver sa place entre ses deux amies et sa petite amie Anya, un ancien démon superpuissant.

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Source : hbo.com

Buffy contre les vampires prend le prétexte de la lutte contre les monstres aux dents longues pour aborder tout un tas de sujets liés à l’adolescence. Les premières amours, mais aussi le harcèlement scolaire et comment on peut passer de harcelé à harcelant (Alex, dans un épisode assez dérangeant), la relation aux parents ou à la famille en général, la construction d’un avenir qui semble incertain et terrifiant, mais aussi l’amitié. Dans Buffy, et c’est suffisamment rare pour être souligné, on a de vraies amitiés entre les femmes et une solidarité qui se met en place. Même la tête à claque du lycée, Cordelia, n’est pas reléguée au rang de pouf riche, et sait aider et partager, quand il le faut. La fin de la série, très discutable, a au moins le mérite de mettre cela en exergue : Buffy partage son pouvoir, son savoir, son expérience, pour permettre à toutes les jeunes filles qui se révèlent être des Tueuses, de ne pas se retrouver seules, comme elle-même a pu l’être.

Une série qui a fait des petits

Aujourd’hui, l’héroïne badass se démocratise. De plus en plus de séries, de films, ou d’œuvres littéraires, mettent en scène des héroïnes qui bottent le cul aux clichés. Loin d’être réduites à des stéréotypes, on tend de plus en plus à faire des femmes des personnages comme les autres (des êtres humains comme les autres en fait), avec leurs forces, leurs faiblesses.

Ces œuvres qui n’hésitent pas à mettre en avant des femmes fortes sont aussi variées que leurs supports : Hermione dans Harry Potter, personnage clef de la série (doit-on rappeler que Harry serait mort dès le tome 1 sans l’aide d’Hermione ?) On pense aussi aux personnages de la série Game of Thrones, que ce soit Arya, la petite fille qui préfère le combat aux robes, ou bien Sanza, qui elle, subit de plein fouet la violence misogyne de son univers et doit se battre pour enfin devenir indépendante. On retrouve pléthore de personnages féminins intéressants dans cette série, car George R.R. Martin ne les a pas réduites à leur genre.

Dans des univers non-fantastiques, on retrouve aussi Veronica Mars, l’adolescente détective qui doit surmonter bien des épreuves (un viol, le meurtre de sa meilleure amie, etc.). Elle ne se laisse pas démonter malgré tout : indépendante, elle se bat pour découvrir la vérité.

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Jessica Jones

Enfin, on peut citer Jessica Jones, la superhéroïne complètement déglinguée après avoir subi une relation abusive avec un affreux, qui elle, démonte non seulement les clichés liés aux superhéros, mais aussi ceux liés aux femmes et à la représentation qui en est faite dans les séries. Jessica Jones est extrêmement imparfaite, c’est un être humain complexe, et que l’on aime ou pas la série, c’est un personnage franchement réussi.

Si la thématique vous intéresse, vous pouvez retrouver le webzine Femmes de série, que l’on doit à Cécile Pinaud. Elle a également publié un livre, Femmes en série, en 2012.


Buffy et autres héroïnes badass dans les séries… par 20Minutes

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