La production de Ghost In The Shell a tenté un mème, retourné contre eux par ceux qui dénoncent le whitewashing de l’industrie hollywoodienne

I Am MAjor - détournement

Depuis le commencement de cette adaptation de l’animé japonais Ghost in The Shell, les défenseurs des droits des personnes non-blanches montent au créneau : en effet, c’est une actrice blanche qui a été choisie pour incarner un personnage japonais, dont le nom même a été gommé, sans doute pour ne pas choquer les petites oreilles non habituées aux sonorités barbares de la langue du pays du Soleil Levant (humour).

La production a donc lancé une plateforme de génération d’un même (ici) avec le hashtag #IAmMajor, avec lequel on peut écrire ce que l’on souhaite, le site donnant des exemples comme « I am a positive example for my children » ou « I am fearless ».

Oh le bel outil de détournement, vous le voyez venir ? Les personnes qui se sentent sous-représentées par le divertissement hollywoodien l’ont bien vu, elles, et ne se sont pas privées de dénoncer le whitewashing, cette tendance à mettre du blanc partout parce que, soi-disant, ce serait « universel ». En jetant par la même aux oubliettes, les Asiatiques (très sous-représentés dans l’industrie cinématographique), les Noirs ou encore les Latinos (souvent cantonnés aux mêmes rôles).

Et ne croyons pas que ce soit un problème américain, vu les dernières agressions sur des personnes de la communauté asiatiques à Paris (un mort, rappelons-le), largement sous médiatisées elles aussi. Au point que la communauté chinoise d’Aubervilliers avait manifesté en grand nombre à Aubervilliers pour se faire entendre, et dénoncer un racisme latent, ordinaire et, malheureusement, de plus en plus libéré.

Le problème ici n’est pas le talent de l’actrice choisie, qu’on ne remet pas en question, mais plutôt le choix étrange du casting majoritairement blanc pour raconter une histoire qui se déroule au Japon et met en scène des personnages japonais. On ne manque pourtant pas d’acteurs et d’actrices de talent, même anglophones, provenant de ces pays. Preuve en est que la production de Ghost in the Shell doit se justifier en permanence, et a dû « japoniser » les traits de Scarlett Johansson. De même qu’elle a supprimé le nom japonais de son personnage, appelé simplement « Major » dans le film, quand cela aurait dû être The Major Motoko Kusanagi

Bref, pour rendre le tout plus évident, le message passe mieux par l’image, et dans ce cas, on peut vraiment dire qu’ils ont donné le bâton pour se faire battre. Ces détournements, colère et lassitude teintée d’humour (bien cynique), mettent le doigt là où ça fait mal.

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Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Quand bien même le whitewashing est une réalité, dans le cas spécifique de Ghost in the shell l’auteur a plusieurs fois répété qu’il ne voyait pas Major comme un personnage japonais … donc dans ce cas précis Scarlett Johannson est légitime dans le rôle.

  2. Le whitewashing rappelle, à ceux qui en douteraient encore, qu’Hollywood est moins une industrie du divertissement qu’un organe de prosélytisme culturel pro-américain. Films après films, Hollywood nous maintient dans l’illusion de la primauté de l’homme occidental blanc, quitte à saloper les œuvres originales venues de pays lointains. La cerise sur le gâteau, c’est qu’en nous précipitant aux guichets à chaque fois qu’un blockbuster « whitewashed » sort en salle, nous finançons joyeusement le processus…

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