Desperados Matthieu Dagorn : Tu dessines dans l’espace quand même !

Despé Matthieu Interview

Nous vous en parlions tout à l'heure, Despérados a opté pour la réalité augmentée ! Membre du 9ème Concept, l’artiste Matthieu Dagorn a eu carte blanche pour réaliser une œuvre totale. Le défi était de taille : réaliser une œuvre physique qui s’anime, et se visite grâce à la réalité virtuelle.

C’est quoi ?

Est-ce la première fois que tu essayes ce système ? 

Pas tout à fait, j’ai essayé avant chez un voisin qui avait l’application et un casque. Quand j’ai appris qu’on allait commencer à faire la bouteille Despérados, je l’ai rappelé tout de suite en lui disant  » bon euh, là faut que je m’entraîne, y a un truc qui va se préparer ça va être cool ».

J’avais déjà fait des tests et je suis arrivé à la première réunion, avec les responsables, en proposant des fichiers et en montrant ce que j’avais fait, et en pensant à ce qu’on allait pouvoir essayer de développer. 

On a Uber-essayé tout à l’heure et ça paraît super intuitif.

cof

Ce qui est intéressant, c’est la volumétrie, puisque justement, nous sommes habitués au mieux à dessiner en 2D. T’as la facilité de tracer un trait comme sur une feuille, sauf que c’est en volume, on crée carrément une nouvelle dimension.  

Tu as l’impression de faire de la sculpture ou de la peinture en 3D ? 

(NDLR : Pour les intéressés, il est possible de télécharger gratuitement l’application)

Apple StoreGoogle Play
 

De part mon travail, je le verrais plus en tant que sculpture digitale,  mais ça reste de la peinture en volume, c’est vrai aussi. C’est de l’ordre de la modélisation. Tu peux créer tout un univers comme refaire un appartement. Les options sont assez folles. 

A ce stade, finalement, la seule limite c’est ton imagination ? 

Oui, mais finalement c’est aussi la palette d’outils qui va nous limiter, au niveau des brushs, des pinceaux… Mais d’autres options vont se développer assez rapidement. 

C’est assez complet en termes de taille, de rendu… Tu comptes en refaire ? 

Bien sur, et surtout trouver d’autres idées ou concepts compatibles avec la réalité augmentée, ce serait super. Y a plein de choses à faire. Le 9ème Concept a développé avec une cinquantaine d ‘artistes, un sticker que l’on peut animer grâce à une application mobile. Ca bouge tout seul, dans la rue, avec le street art, il y a énormément de possibilités.

On peut penser plus imposant ? 

La salle est blanche quand on arrive et en mettant le casque, c’est un foisonnement qui apparaît. La pièce réelle est une amorce à l’arrivée du virtuel. C’est pas la totalité, on pourrait faire encore 100 fois plus gros.

Comment tu procèdes en partant d’une pièce vide ? 

Toujours petit à petit, il est toujours possible de profiter du « undo », de changer la couleur ou effacer. C’est beaucoup plus rapide qu’un procédé traditionnel, ce qui rend le processus de création instinctif, intuitif. Je ne spatialise pas nécessairement mon idée avant de commencer, je préfère avancer en fonction de l’évolution, de la vie de l’œuvre. Au fur à mesure je vois les choses qui apparaissent et ça me donne la direction à prendre. 

Et pour les devs ? 

On avait commencé à faire un story board pour les développeurs, pour qu’ils puissent adapter au mieux l’application, ils ont du tout re modéliser pour la vidéo, pour ajouter les effets et le mouvement. Affaire de vecteurs et d’un paquet de tests. C’est vraiment un gros travail mais finalement tout le monde s’est donné à fond et a ajouté ses idées. 

On fait donc marier deux domaines au fond, art et technologie ? 

Oui, c’est  un moyen d’amener les adeptes de l’art à découvrir les nouvelles technologies et les fous de technos à aller vers l’art et la culture. C’est une symbiose entre tout le monde. C’est en plus tellement plus ludique qu’un ordinateur, on utilise ses mains, c’est bien moins fastidieux que Photoshop ou Illustrator : tu dessines dans l’espace quand même ! Même si c’est virtuel, tu crées quelque chose. 

Quel est le ressenti des artistes ? 

Ceux qui essayent sont souvent bluffés, ils trouvent ça complétement dingue. Après certains vont détester bien sur, c’est loin d’être traditionnel. Soit l’un soit l’autre. Mais bon, il y a toujours quelqu’un pour ne pas être d’accord avec tel ou tel processus, c’est le lot de la modernité.  

Maintenant, on en parlait encore hier, est-ce de l’art ?  

Un sacré débat, pour moi, c’est de l’art… digital. On crée, à partir de ce moment, oui c’est de l’art. On rentre dans un espace blanc, c’est simplement un support. C’est d’ailleurs ce qui m’a posé un problème à la base, j’aime ce qui est concret, réel… En fait, on y est simplement pas encore habitué pour le moment, c’est un procédé récent, il ne faut pas l’oublier. 

Schrödinger : Immortel ou éphémère… 

Je suis encore en interrogation sur ce point pour l’instant. C’est une extension dans le fond, un autre matériau. Après on part d’une base concrète – la pièce blanche – mais j’ai crée quoi au fond ? Une suite de codes. Le résultat n’apparaît qu’en portant un casque de réalité virtuelle, sans quoi, c’est un cube blanc. Certains trouvent ça magique, d’autres non, c’est un peu la Matrice. Par contre ça aura une meilleure conservation que le papier.  

Merci et prost !

Tags :
Dernières Questions sur UberGizmo Help

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité