American Gods : crise de foi et guerre des générations (tribune série)

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Vous aimez Neil Gaiman ? Vous avez adoré Dead Like Me, Pushing Daisies ou Hannibal de Bryan Fuller ? Vous aimez les histoire mythologiques revisitées ? Ou vous êtes tout simplement en manque de séries surnaturelles intelligentes et esthétiquement impeccables ?

Si vous avez répondu « Oui » à ne serait-ce qu’une seule de ces questions, arrêtez tout. Vérifiez que vous avez un abonnement à Amazon Premium (ou débrouillez-vous autrement, nous ne voulons rien savoir) et regardez la nouvelle série proposée chaque lundi par la plate-forme : American Gods.

Si vous n’avez pas lu le livre du même nom sorti en 2001 et écrit par Neil Gaiman, je vous préviens tout de suite : le premier épisode va vous scotcher visuellement, mais vous laisser avec plein de points d’interrogation dans la tête au bout d’une heure. Comme nous sommes gentils, voici les bases à savoir pour comprendre la suite.

Shadow Moon, ancien escroc fraîchement sorti de prison et tout jeune veuf, rencontre une série de personnages étranges à commencer par M.Wednesday, son nouvel employeur, beau-parleur, escroc et peut être plus encore. Comme ses rencontres, ses rêves sont de plus en plus troublants et étranges.

C’est tout à fait normal, il vient d’être enrôlé à son insu dans une guerre entre les Dieux anciens (natifs d’Amérique ou venus avec leurs fidèles migrants vers le Nouveau Monde) et les Dieux modernes (comme Internet, les Médias, les Théories conspirationnistes, l’Argent, etc.) Qui va gagner ? Qui est qui ? Soyez bien attentif au nom des personnages, et à leur environnement, cela vous fournira des indices solides pour en savoir plus.

Si vous avez lu le livre, autant vous prévenir tout de suite. Il y aura des changements par rapport à l’œuvre originelle. Rassurez-vous, Neil Gaiman étant aux commandes en tant que producteur exécutif, il n’a pas laissé massacrer son bébé. Au contraire, certains personnages ont été remodelés pour s’adapter aux 16 ans écoulés, et d’autres, dont Bilquis, ont été étendus au-delà des quelques pages du roman. En parlant de cette chère Bilquis, jouée de façon stupéfiante de fragilité par Yetide Badaki, sa scène d’introduction est parfaitement fidèle au texte du livres et visuellement stupéfiante.

Outre cette actrice, le casting aussi est particulièrement soigné.

Non seulement Ricky Whittle a le teint café crème de Shadow Moon (la moindre des choses), mais il crève littéralement l’écran avec sa présence désabusée et sa colère ou douleur contenue. Si tous les seconds rôles ne sont pas encore en vue, Ian Mc Shane est délicieux en Mr. Wednesday et a certainement les meilleures répliques de l’épisode.

J’attends avec impatience de découvrir Orlando Jones en Mr. Nancy ou Gillian Anderson dans le rôle de Media. Notons également que Neil Gaiman a introduit tout spécialement un personnage pour la série. Il s’agit de Vulcain, le vieux dieu grec du feu et de la métallurgie reconverti en vendeur d’armes à feu. En revanche la première saison s’arrêtera au premier tiers du livre, une saison 2 est déjà en préparation.

Que vous ayez lu le livre ou non, American Gods s’annonce comme une révélation audiovisuelle. Dès le générique, les moindres détails comptent, comme cet Aibo ou cet astronaute crucifié dans la présentation. Visuellement, les couleurs sont tranchées, comme les membres de certains personnages.

Le sang gicle, les corps suent

Et pourtant l’esthétisme des images est tellement léché qu’il s’en dégage une propreté de bloc opératoire. Les choix musicaux, comme Iko Iko des Dixies Chicks pour illustrer un combat de bar, sont toujours pertinents. Ils servent tout à la fois de clin d’œil et d’indices sur ce qu’il va se passer. Vous l’aurez compris, il est fortement recommandé de regarder plusieurs fois le premier épisode pour entrevoir tous les indices.

American Gods est diffusé tous les lundis sur Amazon Prime Video. La première saison qui a débuté le 1er mai comptera huit épisodes. Le livre de Neil Gaiman a lui été récemment réédité en français par Au Diable Vauvert, toujours avec la traduction de Michel Pagel. Il est disponible à 22 € en grand format, 8,90 € en poche chez J’ai Lu ou 4,89 € en éditions numériques.

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