Même des frappes nucléaires « limitées » pourraient aggraver encore le dérèglement climatique

essais nucléaires

Maintenant que la guerre froide est derrière nous, les grandes puissances ont adopté des stratégies visant à limiter les frappes nucléaires. Malheureusement, selon une récente étude, même des frappes très limitées pourraient avoir des conséquences environnementales désastreuses à l'échelle de la planète.

Dans les années 1980, des experts avertissaient d’un Hiver nucléaire. Une nouvelle étude met en garde contre un Hiver nucléaire, à moindre échelle, mais possible tout de même. Ces « Automne nucléaires », si l’on peut dire, pourraient être déclenchés par cinq bombes nucléaires conventionnelles seulement, et peut-être même une seule.

Adam Liska et ses collègues de l’Université du Nebraska-Lincoln espèrent faire entendre raison au monde entier concernant les frappes nucléaires.  Avec l’aide de Robert Oglesby, professeur de sciences de la terre et atmosphériques, et Eric Holley, expert en utilisation des ressources naturelles, Adam Liska a analysé les données publiques de 19 types d’armes nucléaires détenues par cinq grandes puissances du nucléaire : États-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni et France. Les chercheurs ont alors calculé combien de bombes de chaque catégorie il faudrait pour déclencher un Automne nucléaire.

Une précédente étude avait déjà conclu que les explosions et autres incendies suite à l’anéantissement d’une ville comme Los Angeles enverraient quelque 5,5 millions de tonnes de cendres et de suie dans la stratosphère, de quoi diminuer nettement la lumière du soleil, la température et les pluies dans le monde entier de manière temporaire.

Contrairement à cette étude qui s’était focalisée sur des charges relativement petites – 15 kilotonnes -, l’étude qui nous intéresse aujourd’hui prend en considération des armes plus puissantes. Selon ces chercheurs, les États-Unis, la Russie et la Chine ont des armes capables de déclencher un Automne nucléaire en cinq bombes ou moins. La Chine, avec sa bombe de 5 mégatonnes, pourrait y parvenir en un seul missile.

Des conclusions assez alarmantes, a fortiori lorsque l’on sait que la Corée du Nord, par exemple, aurait en sa possession des missiles nucléaires intercontinentaux ou que les relations internationales peuvent se détériorer très rapidement. D’un autre côté, le traité sur l’interdiction des armes nucléaires signé la semaine dernière pourrait être un pas de plus vers un désarmement nucléaire total et une interdiction de l’utilisation de telles armes…

Tags :Via :Gizmodo
Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Le côté « ironique » de la chose, c’est que la poussière radioactive (ou non) projetée dans la stratosphère serait bénéfique pour lutter contre le réchauffement climatique… Malheureusement que de manière temporaire.
    D’un autre côté j’ai un doute sur la validité de l’étude, la plus grosse bombe testée en risque (Tsarbomber) était deux fois plus puissante que l’actuelle Master bombe Chinoise et n’as pas déclenché pour autant d’hiver nucléaire. Vous pourrez me répondre que les volcans a leur échelle y arrivent bien, mais il y a une grande différence entre un explosion aérienne et une sous la croute terrestre (ou du moins pas loin de la surface) sur la quantité et la densité des projections. De plus généralement après l’explosion le volcan a tendance à continuer a « diffuser ».
    Les nuages nucléaires ont tendance a retomber assez vite (quelques jours maxi : Fuckujima, Tchernobyl, divers essais atmosphériques) et les particules sont assez fines : Elles masquent peu la lumière… (sur hiroshima ou nagazaki l’occultation réelle n’a duré que quelques minutes)
    Le seul impact réel c’est que les particules fines ont tendance a « voyager » plus loin, et donc se répandre sur une plus grande surface, qui couplé à la radioactivité contamine donc plus de surface en moins de temps.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité