Tribune : Je vous invite quant à moi à imaginer un avenir sans Facebook !

Facebook

L'expert du numérique Thomas Fauré interpelle les élites politiques françaises. Quelle est l'ambition nationale et européenne en matière de numérique ? Comment développer des champions européens face aux GAFAM et aux BATX ? 

Accompagné par le docteur Laurent Alexandre et l’économiste Olivier Babeau, président-fondateur de l’Institut Sapiens, Thomas Fauré a abordé ces problématiques avec pragmatisme et optimisme lors d’un petit déjeuner débat. Un seul mot d’ordre : soyons fiers des start-ups françaises et œuvrons ardemment à l’émerge de plateformes numériques souveraines en Europe.

C’est donc la journée sans Facebook

Le monde entier célèbre la Journée sans Facebook. « Je vous invite quant à moi à imaginer plutôt un avenir sans Facebook ! » scande Thomas Fauré, fondateur de la start-up Whaller. « Cette perspective est envisageable si les médias se font l’écho des alternatives européennes existantes. Il faut que nos politiques s’emparent des enjeux technologiques et économiques. »

Un monde hyperconnecté

Olivier Babeau, Laurent Alexandre et Thomas Fauré dressent constat sans appel : les Etats-Unis et la Chine ont créé des géants du numérique, tandis que l’Europe est complètement marginalisée. « Nous ne participons pas à l’économie des plateformes numériques. Les flux de valeur, provenant essentiellement des données – pas uniquement personnelles – opèrent en dehors du vieux continent », affirme le docteur Laurent Alexandre. « Nous en mesurons les conséquences géopolitiques, économiques, financières, militaires et culturelles. » Il est grand temps pour l’Europe de proposer au monde sa propre vision, vertueuse, de ce que devrait être une plateforme numérique. Dans un monde hyperconnecté, où la concurrence sur le marché du numérique est phénoménale et très inégalitaire, de quelles solutions disposons-nous ? Comment restaurer notre souveraineté ?

Réveillez-vous !

Les 3 experts appellent à un réveil des élites françaises et européennes. Il est urgent de réagir et de sortir du déni face à la concurrence des GAFAM et des BATX. Cela implique d’une part de porter un regard critique et réaliste sur la situation européenne : nous avons un très long retard à rattraper. D’autre part, il faut cesser d’être dupe. Nul doute que la politique d’investissement massif en France et en Europe de Facebook, même destinée à la formation, sert des objectifs commerciaux.

Quelles solutions en Europe et en France ?

Plusieurs solutions et marges de manœuvre se dégagent pour la France et l’Europe, il n’est en tout cas pas trop tard pour agir. L’Etat dispose d’un arsenal juridique et réglementaire suffisant pour encadrer les GAFAM et maîtriser leur emprise sur le marché du numérique en France. Leur faire payer des impôts, protéger les données personnelles et économiques des entreprises sur les sols français et européen sont des réformes nécessaires et souhaitables mais insuffisantes.

Oser le made in France

Soutenir les start-ups françaises, les technologies « made in France » par des investissements massifs et des réglementations favorables est une réponse économique proactive. L’objectif est de faire émerger des géants du numérique, en réponse à une demande du marché. L’idée de maîtrise des outils, l’éloge de la déconnexion, le choix de la privacy font leur chemin et deviennent petit à petit incontournables. Enfin, Olivier Babeau invoque une « réponse sociale » : il plaide pour une transformation du système éducatif, avec un volet d’éducation au numérique, à l’usage des réseaux. Développer l’esprit critique des jeunes et des enfants, les protéger et les informer au mieux.

Les alternatives ?

Ce ne sont pas là que des vœux pieux, Thomas Fauré rappelle qu’avec beaucoup de travail et d’acharnement on peut réussir là où d’autres ont échoué. Considérant que le monde change à une vitesse folle, il y a des paris à prendre sur ce que seront les services d’avenir. « Facebook ne serait pas le premier empire à s’effondrer ! Sans remonter jusqu’à Rome, et pour ne parler que de numérique, citons par exemple : AOL, Netscape, Alta Vista, Napster, My Space… ». 

L’Europe a besoin de plateformes numériques souveraines qui soient porteuses d’une vision de l’Homme conforme à celle de ses pères fondateurs. C’est en cela qu’elles se démarqueront de leurs concurrents américains et chinois. Whaller est une alternative ; d’autres start-ups voient le jour sans franchir le cap de la notoriété. Et pourtant, l’avenir technologique de la France pourrait être entre leurs mains…

Tags :Sources :whaller

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