Le club de lectures d’Übergizmo – Episode 4

Bonjour à tous et bienvenue à bord du club de lectures d'Übergizmo où je vous parlerai des différents ouvrages que je reçois de la part des éditeurs et où je vous apporterai mon point de vue parfaitement subjectif à leurs sujets. Il ne s'agira uniquement que de BD, comics et mangas, voire parfois des artbooks. Sachez qu'il n'y a pas d'ordre de préférence dans la rédaction de cet article mais un bon vieux système du "c'est en haut de la pile donc je le chronique en premier".

Les Louves (Dupuis, collection Aire Libre) – 18€

« Trop tard, les Loups attaqués, les vieux Loups fatigués de guerres, partirent au combat. Leurs Louves se réfugièrent au fond des tanières, serrant contre elles leurs Louveteaux… »

Comment vit-on lorsqu’on est une femme belge sous l’occupation allemande ? C’est ce que vont apprendre Marcelle et Yvette, deux filles de La Louvière, au cours de ces longues années de guerre. Aux côtés de leurs frères et de leurs parents, elles grandiront jusqu’à devenir peu à peu des femmes soucieuses de préserver leur monde, des Louves prêtes à se battre pour vivre et à vivre pour être elles-mêmes.

Si la Seconde Guerre mondiale a laissé d’innombrables séquelles sur les corps des soldats, elle a aussi infligé son lot de tourments au coeur des femmes à l’arrière du front. Flore Balthazar dépeint le quotidien de ces femmes dans cette fresque hautement symbolique inspirée de l’histoire de ses proches. On tremble, on respire, on s’émeut avec elles : les Louves toujours continueront de hurler.

Lire un extrait : https://www.dupuis.com/les-louves/bd/les-louves-les-louves/76163

Cette BD présente la vie des femmes en Belgique durant la Seconde Guerre Mondiale. En effet si ce qui se passait au frond avec les soldats, des hommes, est relativement bien connu, on parle au final assez peu de ce qu’était le quotidien pour ceux et surtout celles qui restaient à la maison. On y découvre ainsi ce que c’est qu’être une écolière en temps de guerre, sous l’occupation allemande. Récit basé sur des faits réels avec les ancêtres de l’autrice. Le front de la guerre n’est jamais présenté. On reste vraiment côté village et vie quotidienne, cependant on nous présente aussi la discrète résistance. Un récit intéressant qui pour une fois s’intéresse à la guerre sous un angle civil et côté belge.

La mort de Staline (Dargaud) – 24.99€

Le 2 mars 1953, en pleine nuit, Joseph Staline, le Petit Père des peuples, l’homme qui régna en maître absolu sur toutes les Russies, fait une attaque cérébrale. Il est déclaré mort deux jours plus tard. Commence alors une lutte acharnée pour le pouvoir suprême, lutte qui concentrera toute la démence, la perversité et l’inhumanité du totalitarisme. Qui succédera à Staline ? Une histoire vraie soviétique, à l’humour ravageur et cruel, portrait saisissant d’une dictature plongée dans la folie.

La Mort de Staline, une bande dessinée historique réaliste et documentée qui dépeint le tableau terrifiant et absurde d’un système totalitaire en pleine folie.

Ce récit basé sur des faits historiques présente le chaos qui a suivi en Russie l’attaque cérébrale puis la mort de Staline. S’en suivra une lutte de pouvoirs entre plusieurs grands noms des hautes instances russes. J’ai trouvé cette BD relativement drôle mais pas facile d’accès. Une certaine connaissance de l’histoire politique russe est nécessaire surtout que les dates mentionnées ne sont plus toutes jeunes, on parle d’événements survenus 70 ans auparavant ! Cependant si vous connaissez les acteurs majeurs de l’histoire russe alors vous apprécierez sans nul doute cette lecture.

Côté cinéma, Dargaud m’a permis d’assister à l’avant-première du film éponyme en présence de son réalisateur. Le constat reste le même que pour celui de la BD. Le film reprend trait pour trait la trame et les gags de la BD et il en résulte aussi les mêmes problèmes d’accessibilité de l’oeuvre. Moi, qui ne connais que peu l’histoire russe, je n’ai pas autant ri que certaines autres personnes de la salle mais je dois dire que cela reste une comédie décalée intéressante.

Le Père Turc – À la recherche de Mustafa Kemal (Glénat) – 22.5€

Afife, intellectuelle turque basée à Izmir, part retrouver sa cousine en province, dans une ville désindustrialisée. À l’occasion de ce court séjour, elle rencontre son petit-neveu de 15 ans, Mehmet, un orphelin sans repères pris dans une dangereuse spirale entre délinquance et radicalisme religieux. S’apercevant que Mehmet ignore tout de l’histoire de son pays d’origine, elle lui propose de venir l’accompagner dans le cadre de son prochain voyage d’étude : une enquête sur la vie de Mustafa Kemal, l’éminent dirigeant turc progressiste plus connu sous le nom d’« Atatürk ». En apprenant à connaître sa tante, Mehmet va peu à peu découvrir ce personnage… Peut-être deviendra-t-il le père qu’il n’a jamais eu ?

À travers le récit fantasmé de la vie de Mustafa Kemal que fait Afife à Mehmet, Loulou Dédola nous fait redécouvrir par flashbacks l’enfance et la carrière militaire puis politique de celui qui fut rebaptisé Atatürk par son peuple. Atatürk, fondateur de la République turque, ce grand moderniste laïque et féministe qui, à la chute de l’Empire ottoman, avait ouvert la Turquie sur le monde, prônant un humanisme inspiré du siècle des Lumières. Une belle leçon de laïcité, d’ouverture et de tolérance dans un monde contemporain trop souvent replié dans le communautarisme. 

Il faut croire que cette sélection de BD est très historique puisque là encore on remonte l’histoire avec cette fois-ci celle de la Turquie.

Peu connue, l’histoire de la Turquie est ici racontée au travers d’un road trip entre une dame mourante et son neveu qui commence à partir à la dérive (radicalisation) et dont elle se fait la promesse de le secourir avant qu’il ne soit trop tard. En l’amenant sur tous les lieux mythiques de la vie d’Atatürk, on assiste à des flashbacks sur la naissance de la Turquie et le cheminement d’Atatürk. On comprend ainsi mieux comment est né ce pays et les dérives actuelles qui n’étaient pas du tout du goût de son fondateur originel. Si vous êtes curieux d’en apprendre davantage sur la formation de ce pays, nul doute que vous trouverez chaussure à votre pied au travers de la lecture de cette oeuvre.

Moments clés du journal de Spirou 1937-1985 (Dupuis) – 26€

L’année 2018 fête les 80 ans du Journal de Spirou, paru pour la première fois le 21 avril 1938. Sur l’initiative de Charles Dupuis, fils du fondateur des célèbres éditions, les plus grands noms de la BD franco-belge se sont rassemblés et succédé au cours de ces 80 années d’humour et de dessin : Jijé, Franquin, Will, Morris, mais aussi Peyo, Tillieux, Roba ou encore Lambil et Cauvin.

François Ayroles, après avoir décrypté Les moments clés de L’Association et ceux de l’histoire de la bande dessinée, s’est attaqué cette fois-ci à un sujet en or : l’histoire du Journal de Spirou et de la maison Dupuis.

En 180 dessins humoristiques commentés, avec la précision et la verve qui font sa patte, il revient sur les 50 premières années de ce qui fut désigné a posteriori comme « l’école de Marcinelle » : les rivalités avec l’hebdomadaire Tintin, les décisions éditoriales d’Yvan Delporte, l’âge d’or franco-belge au milieu du XXe siècle et l’irrésistible penchant vers la modernité. Autant d’instantanés retraçant les grands moments d’une époque fédératrice, essentielle, dont le patrimoine est devenu international.

180 illustrations, c’est autant de souvenirs et de sourires en hommage à ces incontournables acteurs du neuvième art.

Lire un extrait : https://www.dupuis.com/moments-cles-du-journal-de-spirou/bd/moments-cles-du-journal-de-spirou-moments-cles-du-journal-de-spirou/71641

Cet ouvrage est tout bonnement fascinant pour un jeune comme moi qui ai certes baigné dans le franco-belge dès son plus jeune âge mais à qui, semblerait-il, il manque pléthores d’oeuvres à ses connaissances.

Ici, la lecture se fait en double page. Sur la page de gauche, on nous présente une date et un événement marquant de la vie du journal de Spirou, sur celle de droite on a l’interprétation de l’auteur du livre en bande dessinée. La lecture se fait ainsi relativement vite. Ce qui est incroyable au fur et à mesure des pages qui passent c’est le nombre de licences et oeuvres dont je n’avais tout bonnement jamais entendu parler. J’ai l’impression qu’il me manque des dizaines voire centaines d’oeuvres franco-belges à mon patrimoine !

Bourré d’anecdotes, cet ouvrage est une mine d’or pour la découverte du monde de la BD franco-belge en général. On croisera ainsi la compétition avec Tintin et Pilote et tous les maîtres du genre seront mentionnés.

Il y aura aussi tous les aléas posés par la Seconde Guerre Mondiale pour la poursuite du magazine. Un must read pour tout amateur de BD franco-belge !

Play with me (Soleil, collection Venusdea) – 29.95€

Récompensée par le Prix Andersen en 2001, ainsi que par la médaille d’argent de The Society of Illustrators en 2006, Nicoletta Ceccoli est une artiste dont le travail s’expose dans de prestigieuses galeries à l’international.
Elle a, entre autres, réalisé l’illustration de couverture du Prédicateur de Camilla Camilla Läckberg, ainsi que le character-design du film d’animation La Mécanique du coeur,  tiré du roman éponyme de Mathias Malzieu.
Le travail de Nicoletta, qui mêle mélancolie et séduction, suscite d’intenses émotions et une irrésistible nostalgie. Ce beau livre s’ouvre comme autant de fenêtres sur le temps de l’innocence : friandises, animaux, jouets et contes. Offrez-vous un voyage incontournable au doux pays de l’enfance, entre rêve et cauchemar…

Play with me est le troisième artbook qui lui est consacré au monde.

Pas de texte ici, que des images puisqu’il s’agit d’un artbook. Les couleurs pastels et le ton enfantin contrastent avec les messages des images qui semblent tendre vers une ambiance plus sombre. On n’est pas tellement dans une ambiance fun mais plutôt un esprit torturé entouré d’enfants. L’ouvrage est plutôt très grand et rend bien hommage aux oeuvres en pages simple ou double. Si vous aimez l’artiste, nul doute que vous serez conquis par cet artbook.

Merci aux éditeurs pour l’envoi des ouvrages

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