Le club de lectures d’Übergizmo – Episode 12

Bonjour à tous et bienvenue à bord du club de lectures d'Übergizmo où je vous parlerai des différents ouvrages que je reçois de la part des éditeurs et où je vous apporterai mon point de vue parfaitement subjectif à leurs sujets. Il ne s'agira uniquement que de BD, comics et mangas, voire parfois des artbooks. Sachez qu'il n'y a pas d'ordre de préférence dans la rédaction de cet article mais un bon vieux système du "c'est en haut de la pile donc je le chronique en premier".

Beyond the clouds (Ki-oon) T1 – 7.90€

Dans la ville jaune, les usines crachent leur fumée jour et nuit, cachant le ciel et les astres. Le jeune Théo n’a jamais vu les étoiles, ni exploré le monde extérieur. Enfant, il rêvait de partir à l’aventure, à la poursuite des créatures fantastiques de ses livres préférés, mais la réalité l’a rattrapé… Son travail à l’atelier de réparation Chikuwa est devenu son quotidien.

Sa routine est chamboulée le jour où il rencontre une fillette pas comme les autres : une humaine ailée, espèce appartenant au monde des légendes ! Tombée du ciel, elle a perdu la mémoire, ainsi qu’une de ses ailes… Théo fera tout pour percer le mystère de cette rescapée des cieux !

À mi-chemin entre les films de Ghibli et les mondes de Final Fantasy, l’univers poétique de Beyond the Clouds vous entraînera sur les pas de deux adolescents hors du commun : Théo, le jeune bricoleur de génie, et Mia, la jeune fille ailée !

Lire un extrait

Beyond the clouds se passe définitivement dans une ambiance steampunk fort appréciable. Le jeune Théo, génie du bricolage va tout faire pour rendre à la jeune Mia ses ailes brisées. Mais un ange dans un monde d’hommes attise des gens moins honnêtes prêts à tout pour kidnapper celle-ci. On a une vaste palette de personnages aux styles bien différents mais tous kawaii dans cette ville. Le jeune Théo va partir dans une grande quête pour protéger la petite Mia et nous plonger dans un monde fantastique dont on a grandement envie de découvrir la suite.

Mars ! (Fluide Glacial) – 15€

Le moment est solennel : aujourd’hui, militaires et scientifiques envoient une fusée habitée de trois courageux astronautes vers la planète Mars. Rebaptisés Jim, Mike et John pour faire « héros américains », André, José et Jean-Michel prennent leurs rôles super au sérieux. Les télés retransmettent le tout en direct et en profitent pour faire du placement produit. Bien calés dans leurs fauteuils, les téléspectateurs peuvent alors assister au décollage… mais zut, il y a un problème technique. La fusée ne décolle pas. Le mécanicien local est formel : c’est le joint de culasse qu’a pété. Faut commander la pièce à changer, ça prendra 15 jours. Au central technique, on va donc chercher à délayer la sauce pour le public. Et aussi à prévenir les astronautes qui, eux, croient bel et bien avoir décollé. Hélas, on peine bêtement à les joindre. Le SMS ne passe pas et quand on leur téléphone, ils sont persuadés que la communication qui leur est faite est une pub, donc ils raccrochent au nez. Le président de la république suit l’affaire de près, car les sondages d’opinion sont en prise directe avec la réussite de cette mission. Il trouve donc le moyen de positiver sur cet échec dans ses discours. Dans le cockpit, les astronautes tuent le temps de leur « voyage » en se faisant des blagues. Et puis soudain, au détour d’un couloir, surgit une femme de ménage portugaise, qui a une tronche pas possible et cause avec un accent dingue. Serait-ce un alien ?

Cette mini BD ne révolutionne pas le genre et comme souvent avec Fluide Glacial, on a droit à une oeuvre comique rapide et assez brainless. Ici, l’humour ne vole pas bien haut (tout comme la fusée d’ailleurs). Vous ne passerez pas un mauvais moment avec Mars ! mais ça ne sera pas l’oeuvre littéraire de l’année, définitivement. Pendant que les astronautes penseront avoir fait le tour de l’univers, sur Terre, l’agence spatiale et la présidence de la république feront tout pour faire croire que c’est le cas pour le grand public. Si vous avez envie de légèreté et d’humour accesible et spatial alors go, sinon passez votre chemin.

Le Guide des Castors Juniors – Tome 1 (Glénat) – 15€

Riri, Fifi et Loulou, les neveux de Donald, sont membres des Castors Juniors : un groupe de scouts qui existe presque depuis la création de Donaldville ! Un digne membre des Castors Juniors se doit d’être ingénieux, d’avoir un comportement exemplaire en toutes circonstances, mais aussi de respecter la nature. Dans ce but, il existe l’inépuisable Manuel des Castors Juniors ! On y trouve toutes les informations possibles et imaginables, qui sont bien utiles aux trois garnements pour tirer d’affaire les oncles Donald et Picsou quand ils ont des ennuis.

S’inspirant du fameux manuel, Le Guide des Castors Juniors vous propose de replonger dans ces aventures de Riri, Fifi et Loulou qui sont parmi les favorites des lecteurs de Donald. Chaque histoire sera suivie d’une fiche technique détaillée sur la thématique « nature et découverte » (construire un abri, observer les animaux, faire un feu…). Une BD ludique et intelligente pour faire retrouver le plaisir et l’amour de la nature sauvage.

Lire un extrait

Si Donald et Picsou sont souvent les plus médiatisés et plus populaire de l’univers des canards, les 3 frangins ne sont jamais loin. Pour une fois, ils sont entièrement mis à l’honneur avec 6 histoires qui tournent autour du club et du manuel des Castors Juniors. 6 aventures où les liens avec le célèbre ouvrage des Castors Juniors seront pleinement mis en avant ! Les fans de Canardville trouveront encore une fois leur bonheur. Glénat délivre, comme à son habitude, un ouvrage dans un magnifique écrin souple qui sublimera vos bibliothèques, je l’imagine, déjà pleines d’ouvrages qui parlent de canards.

Nick Cave – Mercy on me (Casterman) – 23.95€

Une plongée sous acide dans l’univers du chanteur culte !
Australie, années 70, le jeune Nicolas se rêve en rock star et commence à se produire sur les scènes locales. D’une famille très religieuse, il conserve un sens du sacré qui pimente ses textes, mais se revendique plus du blues et du rock US, notamment de Johnny Cash.
Menée tambour battant, cette incursion dans la vie de Nick Cave convoque les personnages de ses chansons en parallèle de la vie réelle du chanteur, dans un va et vient fascinant, tant son vécu – et ses histoires d’amour en particulier – ont inspiré son écriture.
Le rocker se révèle un homme en plein malaise, avec ses contradictions, ses pulsions destructrices, ses délires… Mais qui a toujours su les apprivoiser pour en nourrir son œuvre.
Je n’ai pas trouvé l’ouvrage très facile d’accès, surtout si vous souhaitez connaître la vraie vie du rocker star. Attention si vous n’êtes pas anglophone, beaucoup de passages sont en anglais avec bien évidemment des retranscriptions de ses chansons. Les passages fictionnels sont assez perchés et peu compréhensibles. La vie du chanteur a l’air d’avoir été une sacré folie partout dans le monde. On a du mal à suivre les pays à force. On retrouve évidemment une grosse dose de drogue. Si vous êtes familiers avec la carrière du chanteur alors cet ouvrage sera une nouvelle source d’approche de la vie du chanteur pour vous. Si, comme moi, vous ne connaissez pas trop sa vie, alors vous risquez de vous perdre entre fiction et réalité sur la vraie vie de Nick Cave dans cette BD.

Mémoires d’un frêne (Rue de l’Echiquier) – 21.90€

Adapté d’une nouvelle, inédite en français, de l’écrivain coréen Choi Yong-tak, Mémoires d’un frêne dépeint un moment dramatique et violent de l’histoire contemporaine de la Corée, connu comme « le massacre de la ligue Bodo ». Au cours de l’été 1950, tout au début de la guerre de Corée, les autorités organisent la liquidation physique de dizaines de milliers de civils, opposants politiques déclarés ou simples sympathisants, par crainte de la contagion communiste. Ce massacre de masse, mis en oeuvre par l’armée et la police coréennes, a fait entre 100 000 et 200 000 morts, y compris des femmes et des enfants. Par la suite, il a été délibérément occulté par l’histoire officielle de la Corée du Sud. Ce n’est qu’à partir des années 1990 que des charniers ont été retrouvés et que certains exécutants de la tuerie ont été amenés à témoigner.

Auteur virtuose et engagé, Park Kun-woong poursuit ici un travail de longue haleine visant à exorciser les errements des gouvernements coréens depuis l’indépendance de 1945. Dans ce récit, dont le narrateur est un arbre peuplant l’une des vallées où se sont déroulés les massacres, il mobilise des moyens graphiques exceptionnels, à travers un ensemble d’images d’une beauté sombre et saisissante.

Lire un extrait

Cette BD n’est pas à mettre entre toutes les mains ni à lire à n’importe quel moment. Beaucoup de violence et de sanguinolant, âmes sensibles et personnes déprimées : s’abstenir. Comme mentionné dans le synopsis, on prend la place d’un frêne qui observe, immobile dans sa forêt, le massacre colossal qui s’y passe avec les tueries de dizaines de milliers de communistes et supposés communistes. Indéniablement, il rappelle le massacre de la Shoah. Ce tragique événement est parfaitement inconnu en occident. Si vous voulez en savoir plus sur l’histoire de la Corée, n’hésitez pas à feuilleter cette BD.

 

Tags :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité