Avis d’expert Valtech : la voiture du futur, constructeurs vs GAFAM

voiture volante AeroMobil 5.0

Des entreprises de la tech ou des constructeurs, qui prendra les commandes de la voiture du futur ? Par Pascal Malotti, Business Development  Strategy Director, Valtech France

La mobilité électrique et l’intelligence embarquée sont les deux grands
événements qui occupent aujourd’hui le devant de la scène automobile. Sur ces 2
sujets, GAFAM, entreprises de la tech et constructeurs se livrent une guerre sans
merci. Au centre, un acteur hybride, Tesla, tente de s’imposer. Chacun disposant
de ses propres armes et expertises, l’issue du combat pourrait bien être la
signature d’alliances inédites.

Mais que reste-t-il aux constructeurs ?

La voiture Ă©lectrique, de par les enjeux environnementaux majeurs qui accompagnent son
dĂ©veloppement, se place actuellement en tĂŞte des alternatives possibles au moteur Ă  explosion. Avec sa batterie au lithium ion, la firme amĂ©ricaine Tesla a rĂ©volutionnĂ© ce marchĂ©. Une disruption, qui n’est donc pas venue d’un constructeur traditionnel, mais bien d’un acteur de la tech. Certes, il est plus facile d’innover lorsque l’on part d’une feuille blanche, mais le rĂ©sultat est lĂ .

De la mĂŞme façon, le phĂ©nomène de l’intelligence embarquĂ©e autour du machine learning, est principalement portĂ©e par les entreprises du digital et notamment les GAFAM, qui dĂ©tiennent Ă  la fois les ressources expertes et les donnĂ©es nĂ©cessaires Ă  sa mise en Ĺ“uvre. Ils disposent ainsi  d’une avance considĂ©rable sur les constructeurs dans ce domaine.

Dans cette nouvelle configuration de la mobilité, quelle place reste-t-il aux BMW, Renault,
Peugeot, Audi et autres marques historiques ? Sont-elles vouĂ©es Ă  disparaĂ®tre ? Rien n’est moins sĂ»r…

Des gĂ©ants aux pieds d’argile 

Malgré ses brillantes innovations, Testla est dans la tourmente. Son problème ? La firme
amĂ©ricaine est toujours incapable de prouver sa capacitĂ© Ă  industrialiser ses modèles. L’erreur que les investisseurs ont commis en soutenant cette entreprise a Ă©tĂ© de croire qu’il s’agissait d’un projet technologique, alors que c’était avant tout un projet industriel. Et ce passage de l’un Ă  l’autre va demander des investissements colossaux. Or, Tesla peine Ă  sortir 30 000 vĂ©hicules de ses usines chaque trimestre, alors qu’elle devrait en produire 4 fois plus. Difficile dans ces conditions de continuer Ă  financer son modèle.

Mon intime conviction est que nous risquons d’assister dans les mois Ă  venir Ă  un scĂ©nario Ă  la Snapchat, avec une entreprise qui se fera racheter ou Ă©craser par la concurrence qui s’organise. Ainsi, il y a quelques semaines, la marque Audi annonçait le lancement de son premier vĂ©hiculeĂ©lectrique, lors d’un grand show Ă  l’amĂ©ricaine, situĂ© Ă  seulement quelques kilomètres du siègede Tesla. Un choix, qui ne devait rien au hasard : la marque allemande affirmant ainsi que lesconstructeurs Ă©taient toujours dans la course.

Et si, du cĂ´tĂ© de l’intelligence embarquĂ©e, les technologies sont majoritairement « brandĂ©es » Google ou Apple, ces gĂ©ants du numĂ©rique n’ont pas vocation Ă  vendre des voitures, ni mĂŞme Ă  racheter des constructeurs ! Leur ambition avec la voiture autonome est tout autre : il s’agit pour eux, Ă  terme, de dĂ©velopper autour d’elle des plates-formes de services d’infotainment.

Des rapprochements d’expertises en vue

MĂŞme si chacun y va pour le moment de son effet d’annonce autour de la voiture autonome, cette technologie est encore très loin d’être mature. Les accidents mettant en cause ce type de vĂ©hicules se sont multipliĂ©s ces derniers mois et leur mise en circulation nĂ©cessitera la construction de routes intelligentes, ainsi que d’une lĂ©gislation adaptĂ©e. Ce qui va donc s’industrialiser dans un premier temps, ce sont bien les vĂ©hicules Ă©lectriques.

Quant Ă  l’intelligence embarquĂ©e, un rapprochement stratĂ©gique entre les acteurs de la tech, qui dĂ©tiennent l’expertise et la data, et les constructeurs automobiles, qui disposent du savoir-faire, des compĂ©tences et de l’outil industriel, est le scĂ©nario le plus probable dans les annĂ©es qui viennent. Certains comme Apple et BMW ont dĂ©jĂ  engagĂ© des discussions dans ce sens, qui n’ont pas abouti. Mais ce n’est, Ă  mon avis, qu’une question de temps.

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