1 jeune français sur 2 ne verrouille pas son téléphone bien qu’il craigne qu’il soit fouillé

La dépendance aux écrans est aujourd’hui si caractéristique de la génération des 18-34 ans que 26 % d’entre eux préfèreraient vivre 1 an sans sexe plutôt que sans smartphone, et 29 % n’arrivent pas à statuer sur leur préférence. C’est ce que révèle une nouvelle étude YouGov pour Kaspersky Lab, réalisée auprès des Français. Sans surprise, 98 % utilisent au moins un service Web et 90 % détiennent des informations personnelles ou intimes sur leurs appareils connectés. Conscients des risques liés au numérique, les jeunes adultes envisagent pourtant les cyber menaces avec un certain détachement. En effet selon l’étude, 51 % des jeunes ne verrouillent même pas l’accès à leur appareil avec un mot de passe pour en protéger le contenu.

Les jeunes adultes semblent avoir conscience dans une certaine mesure des risques liés à la présence de contenus personnels dans l’espace numérique. En effet, 92 % d’entre eux jugent qu’il est dangereux de partager ce type de contenu sur Internet.

Cette prise de conscience peut s’expliquer par le fait que la génération des 18-34 n’est pas épargnée par les risques numériques. ¼ des répondants a déjà vu l’une de ses photos ou vidéos partagées sans son accord sur Internet. Les publications sont toujours visibles en ligne pour 68 % d’entre eux et concernaient du contenu très intime pour 1 jeune français sur 7 (photos à caractère sexuel, dénudées, ou « revenge porn »).

Pourtant, s’ils sont plus de 9 sur 10 à conserver sur leurs appareils connectés des contenus personnels, 77 % des répondants déclarent ne même pas détenir de solution gratuite de sécurité informatique pour les protéger, et seuls 8 % possèdent une solution payante.

« La notion de vie privée est un concept qui évolue constamment à travers le temps et qui est dépendant du contexte social dans lequel on l’étudie. Aujourd’hui, on assiste à un véritable « paradoxe de la vie privée » avec d’un côté une conscience de ce qui relève de l’intimité et de l’autre des usages technologiques qui semblent contradictoires. Il est alors intéressant de s’interroger sur les raisons qui peuvent amener l’individu à disposer et à partager du contenu intime alors même qu’il est conscient des limites et des risques de la cyber sécurité. L’analyse des risques encourus par rapport aux avantages perçus semble dysfonctionnelle car elle se base davantage sur l’affect et l’intuition que sur la logique et la raison. Ce mécanisme psychologique inconscient lui permet d’être rapide et efficace dans le processus décisionnel, de s’affranchir d’une exploration complexe d’informations mais la contrepartie réside dans le fait que ses décisions sont souvent biaisées. L’impact émotionnel positif généré par les usages numériques va conduire l’individu à surévaluer les avantages qui y sont liés et a contrario à minimiser les risques encourus. », commente Boris Charpentier, psychologue.

Tags :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité